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En s'introduisant à la Bourse de Hong Kong, L'Occitane se prépare à des acquisitions

27.04.2010, source : Les Echos.fr

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La société de cosmétiques s'introduira le 7 mai à la Bourse de Hong Kong. La vente des actions débute aujourd'hui. L'Occitane espère lever 700 millions de dollars pour financer l'ouverture de magasins et augmenter sa production en France. L'acquisition de deux, voire trois, marques, asiatiques notamment, est envisagée.

C'est une première pour une entreprise française. L'Occitane, connue pour ses crèmes à base de noix de karité ou son lait aux amandes, va faire son entrée le 7 mai à la Bourse de Hong Kong. Le lancement de la souscription, pour laquelle le fabricant de cosmétiques espère lever jusqu'à 707 millions de dollars américains, a débuté ce matin, pour un prix de l'action proposé entre 12,88 et 15,08 dollars de Hong Kong. Cette offre correspond à 25 % du capital de l'entreprise, ce qui la valorise 2,8 milliards de dollars (2,1 milliards d'euros).

Une véritable « success story  » pour cette petite société provençale, maître savonnier à ses débuts en 1976, devenue un groupe international, avec 4 700 salariés et 1 500 boutiques dans 80 pays. Avec une croissance en moyenne de 30 % par an, son chiffre d'affaires a été multiplié par 10 depuis 2000. Il a atteint 537 millions d'euros en 2008 - 2009 (exercice clos fin mars), pour un résultat net de 59 millions d'euros, et devrait encore progresser de 14 % cette année. « L'Occitane doit continuer sur sa lancée. Nous avons donc des besoins de financements. La Bourse de Hong Kong nous offre une alternative intéressante aux banques en donnant en plus une valeur à la société  », indique Reinold Geiger, un homme d'affaires autrichien qui a racheté l'entreprise en 1996 à son fondateur Olivier Baussan. Déjà endetté, L'Occitane aurait du patienter au moins deux ans pour obtenir de nouveaux emprunts. Le fabricant a en effet effectué un LBO en 2007 pour près de 300 millions d'euros, permettant à son partenaire Clarins de réduire sa participation à 10 % au profit du management.

Cette cotation à la Bourse de Hong Kong devrait aussi asseoir la notoriété de la marque en Asie, où la société réalise déjà 35 % de ses ventes et veut se développer. « La région Asie-Pacifique continuera d'être un moteur de notre croissance dans les prochaines années  », a souligné hier André Hoffmann, directeur général du groupe.
Surtout ne pas délocaliser

Le Japon reste son premier marché dans le monde (24 % du chiffre d'affaires) - ses gammes de crèmes à base d'Immortelle y font un carton -suivi des Etats-Unis (17 % ) et de la France (13 % ). La Chine, où elle compte 40 points de vente, fait partie des cibles. « Nous avons un potentiel de 300 ouvertures dans le pays, note Reinold Geiger. La Chine ne pèse que 3 % de nos ventes  ». Au total, la société a pour objectif d'ouvrir 650 magasins dans les cinq ans, en Inde, en Russie, ou encore aux Etats-Unis.

Les fonds levés à Hong Kong vont aussi aider L'Occitane à agrandir ses deux usines françaises, qui emploient 750 personnes : son site historique de Manosque et celui de Lagorce en Ardèche, où est fabriquée sa marque bio Melvita. Ce qui va permettre au groupe de doubler sa production, et d'étendre son laboratoire de R&D. Le fabricant de cosmétiques va aussi créer un nouveau centre de stockage, soit un investissement total de 50 millions d'euros, avec à la clef 139 emplois nouveaux. Pas question pour son dirigeant de délocaliser la fabrication hors de France. « Ce que nous vendons, c'est L'Occitane en Provence à partir d'ingrédients issus du terroir, si nous produisions ailleurs, nous n'aurions pas le même succès, assure-t-il. Un jour, nous aurons peut être une marque haut de gamme asiatique.  »

C'est la nouvelle ambition du groupe : procéder à l'acquisition d'une ou deux marques de cosmétiques à base naturelle. La marque L'Occitane représente 95 % des ventes, et Melvita, spécialisée dans les soins bio rachetée en 2008, le reste. La société estime qu'elle dispose désormais des bases solides, avec 24 filiales, pour mener à bien ses futurs développements. « Nous avons construit une maison. Nous allons essayer de bâtir un petit hameau  », précise l'homme d'affaires. Avec pour objectif d'atteindre le milliard d'euros de vente dans les années qui viennent.

Dominique Chapuis, Les Echos, 26.04.2010

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