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En grande forme, Swatch manque déjà de capacités de production

09.08.2010, source : Les Echos.fr

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Le numéro un mondial de l'horlogerie a vu ses ventes de montres et de bijoux grimper de 33 % en un an, pour atteindre un nouveau record. Les profits sont au rendez-vous. Mais le groupe suisse peine à répondre à la demande, se heurtant à des goulets d'étranglement dans ses usines.

Le grand défi de Swatch ? Ce n'est pas le remplacement de son patron mythique et mégalomane, Nicolas Hayek, brutalement décédé fin juin -son fils Nick et sa fille Nayla ont déjà pris le relais. Ce n'est pas non plus la crise du pouvoir d'achat : elle fait toujours souffrir les grands groupes de biens de consommation en Europe, mais plus Swatch. Le véritable enjeu, a expliqué hier le numéro un mondial de l'horlogerie, consiste au contraire à « résoudre rapidement les problèmes de capacité de production qui se posent d'ores et déjà dans certains secteurs ».

En clair : la reprise est si forte que le groupe peine déjà, ici ou là, à répondre à la demande. « On manque par exemple de certains boîtiers, et d'index pour les cadrans, explique-t-on au siège, à Bienne. On a acheté de nouvelles machines, mais elles ne tournent pas encore à 100 %. On manque aussi de composants pour le nouveau modèle Omega à calibre coaxial. »
Redémarrage frappant

Pour faire face, le groupe embauche à un rythme soutenu, et pousse les feux en matière d'investissement. « Le niveau de dépense pourrait atteindre 20 à 25 millions de francs suisses (15 à 18 millions d'euros) par mois, dont une grande partie pour la production », précise la direction.

Ces difficultés à suivre la demande confirment les informations publiées ces dernières semaines par LVMH, PPR, Bulgari ou encore Hermès : dans le luxe, le redémarrage est frappant. Au premier semestre, les ventes de montres et de bijoux, l'activité centrale du groupe suisse, ont ainsi grimpé de 33 % en monnaies locales par rapport à la même période, assez creuse, de l'an dernier. Elles sont surtout en hausse de 10 % par rapport au précédent record, obtenu au premier semestre 2008. Et le mouvement a continué en juillet, a indiqué hier Nick Hayek.

Les produits de luxe s'écoulent particulièrement bien. La nouvelle Breguet 10 Hz présentée au dernier Salon de Bâle, par exemple. Plus la peine de vous inscrire sur la liste d'attente pour ce petit bijou de technologie doté d'un échappement battant à 72.000 alternances par heure, le record du monde : « Il y a déjà tant de demandes qu'on n'y arrivera pas », confie-t-on à Bielle.
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Progression des exportations

« La hausse de nos ventes de montres est bien supérieure à celle de l'ensemble de l'industrie horlogère suisse, dont les exportations ont progressé de 20 % en valeur sur le semestre », souligne Swatch. Le groupe se félicite d'enregistrer ainsi « un net gain de part de marché », ce qui correspond à sa priorité du moment. Les profits ne passent pas à l'as pour autant. Au premier semestre, le bénéfice net a grimpé de 55 %, à 462 millions de francs suisses. La marge nette est ainsi remontée à 16 % du chiffre d'affaires, et la rentabilité des capitaux propres à 15 % ; des niveaux élevés, même si Swatch a fait mieux, notamment en 2007.

Les investisseurs n'ont pas fait la fine bouche. L'action Swatch a pris 13,9 % hier, pour se rapprocher de son sommet de la fin 2007.
DENIS COSNARD, Les Echos

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