Les secteurs

Economie verte : la croissance verte financée par le privé

10.10.2011, source : Les Echos.fr

imprimer

A la tête du Centre d'excellence sur le changement climatique d'HSBC, Nick Robbins décrit les ressorts d'une sortie de crise.


Le bouleversement du climat ? Une chance pour la planète et une formidable opportunité pour l’économie mondiale... Voilà, en substance, la thèse soutenue par de nombreux économistes à travers le monde, parmi lesquels Nick Robins, directeur du Centre d’excellence sur le changement climatique d’HSBC. L’idée est simple : la crise du climat, comme la raréfaction des ressources, conduisent à modifier en profondeur notre système économique.

Une transition vers une économie verte qui devrait générer la croissance des décennies à venir, en suscitant une vague d’innovations technologiques et d’éco-activités. « Selon nos études, le marché de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables devrait tripler, pour atteindre 1,5 milliard de dollars, d’ici à 2020 », estime l’analyste de la banque britannique.


Encourager l’innovation

Car ce changement de modèle ne se fera pas tout seul. Dans son analyse, Nick Robins insiste sur le rôle crucial joué par les Etats et les institutions internationales. S’il met l’accent sur l’importance des cadres réglementaires et fiscaux, notamment en matière de prix du carbone, il souligne aussi l’importance des investissements publics pour encourager l’innovation et développer les filières industrielles vertes. « La Chine comme la Corée du Sud, par exemple, ont pour objectif de faire croître rapidement leurs parts de marché dans ces technologies, explique l’analyste. Ces pays ont compris que la croissance verte serait la prochaine phase de prospérité. Et la crise économique actuelle n’a pas bouleversé cet agenda. »


Ce qui n’est pas le cas en Europe ou aux Etats-Unis, où les difficultés financières ont incité les Etats à revoir à la baisse leurs engagements en faveur de l’économie verte. « Les plans de relance mis en place en 2008 et 2009 ont été remplacés par des politiques d’austérité », constate Nick Robins. Résultat, ce sont les capitaux privés qui sont aujourd’hui appelés à financer la croissance durable. « Beaucoup de grandes entreprises se projettent dans l’après-crise et continuent d’investir dans la recherche et développement comme dans les technologies vertes. »

De fait, si les études menées par les analystes d’HSBC évaluent à 10.000 milliards de dollars le montant des investissements nécessaires au financement de cette reprise durable, ils estiment aussi qu’un tiers de ce montant reviendra aux ménages. A travers l’achat de véhicules écologiques - électriques ou hybrides -, l’amélioration des performances énergétiques des logements ou encore la production individuelle d’énergie, via l’installation de panneaux solaires, par exemple.

Cela suffira-t-il à faire de l’économie verte le moteur de la croissance mondiale ? Peut-être. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables auraient atteint le montant record de 211 milliards de dollars en 2010. Soit une hausse de 33 % par rapport à 2009 et de 540 % par rapport à 2004. La transition a bel et bien débuté.


Benjamin PEYREL, Les Echos, 05/10/2011

Dernières actualités