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Economie verte : la compétitivité des énergies renouvables demeure difficile à cerner

30.08.2012, source : Les Echos.fr

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Le Centre d’analyse stratégique salue « les évolutions majeures » du nucléaire, mais peine à fixer « l’horizon de compétitivité » des énergies renouvelables. Sauf celui des grandes centrales photovoltaïques, qui pourraient se passer d’aide publique en 2020.

Si elle semble un peu refroidir, la polémique sur le nucléaire « filière d’avenir », provoquée par Arnaud Montebourg, ne risque pas pour autant de s’éteindre. Le Centre d’analyse stratégique (CAS) a donné hier du combustible au ministre du Redressement productif en publiant un volumineux rapport sur l’aptitude actuelle et à venir des technologies développées par la France et qui doivent l’aider à tenir un engagement majeur : diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050.

Ce document salue ainsi des « évolutions majeures » dans le nucléaire, telles que « l’amélioration continue des performances des réacteurs actuellement en service ». Et il se garde d’injurier l’avenir de cette filière. Les réacteurs à neutrons rapides de génération IV, en phase de développement, « devraient permettre d’économiser les ressources d’uranium naturel et de minimiser le volume des déchets ultimes du cycle du combustible nucléaire », indique la note de synthèse de ce pavé de 371 pages.


Eoliennes : défis techniques

La présentation faite hier par Jean Bergougnoux est sans détour. Pour l’ex-patron d’EDF, « la question de savoir si c’est une énergie d’avenir est parfaitement tranchée, au moins en Inde, en Chine et dans d’autres pays émergents ». C’est « là où tout se joue », assure-t-il, en estimant que ces pays vont s’approprier et poursuivre le développement des technologies nucléaires.


Quid de l’avenir en France des énergies renouvelables « nouvelles » ? Si l’éolien terrestre offre un degré de maturité technologique et économique avancé, celui-ci reste très perfectible. Les éoliennes « offrent des coûts de production comparables aux prix du marché européen de l’électricité » et leurs performances peuvent encore progresser. Sauf que l’implantation d’engins de grande taille  « sera vraisemblablement limité par les réticences du public » et pose des défis techniques qui ne seront pas résolus avant 2030. Les vents sont plus favorables pour l’éolien offshore. L’implication des grands industriels français « peut créer une dynamique nouvelle ».

Quant à la filière photovoltaïque, son « horizon de compétitivité » est très variable. Les grandes centrales pourraient ainsi « ne plus nécessiter de soutien public aux environs de 2020 ». Globalement, l’aide à cette filière représenterait en 2012 près de 1,5 milliard d’euros de dépense supplémentaire à la charge du consommateur. En revanche, s’agissant du photovoltaïque en toiture, l’horizon de compétitivité « est beaucoup plus lointain », selon le CAS.


Joël COSSARDEAUX, Les Echos, le 29/08/2012

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