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Economie : les entrepreneurs perdent confiance

09.11.2011, source : Les Echos.fr

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Selon le baromètre Viavoice pour l’ACFCI, Grant Thornton et « Les Echos », les dirigeants anticipent massivement un retournement de l’économie. Leurs perspectives personnelles baissent moins vite.

Pour les chefs d’entreprise, la page de la crise semblait tournée. Pour la première fois depuis la sortie de récession, une majorité d’entre eux se disaient même confiants dans l’évolution de la conjoncture. Nous étions en juin, à une autre époque... Car la crise des dettes souveraines a brutalement changé la donne, comme en témoigne le dernier sondage Viavoice, réalisé pour l’Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie (ACFCI), Grant Thornton et « Les Echos ».

Seuls un quart des chefs d’entreprise se déclarent confiant pour l’économie française « dans les mois qui viennent ». Ils ne sont plus que 16 % à se dire confiants pour la croissance, contre... 52 % il y a encore quatre mois. Concernant l’évolution de l’emploi, la confiance chute de 30 points, pour s’établir à 16 %. « La chute est d’une rapidité spectaculaire, observe François Miquet Marty, directeur associé chez Viavoice. En l’espace d’un été, elle nous ramène à l’étiage connu au printemps 2009. »


Inquiétudes

Ce regain d’inquiétude s’explique par l’environnement macroéconomique : une écrasante majorité des entrepreneurs (91 % ) interrogés juste avant le sommet européen estiment que la crise de la dette constitue une « menace importante » pour la croissance.Ce sondage s’inscrit, en outre, dans un contexte de rigueur après un été marqué par l’annonce d’une croissance nulle au deuxième trimestre et une révision à la baisse des prévisions gouvernementales.


Mais concernant les perspectives de leur propre entreprise, le moral des dirigeants est bien meilleur : ils sont encore majoritaires à se dire confiants pour le résultat net de l’année en cours (64 % ), leur chiffre d’affaires (62 % ) ou leur trésorerie (61 % ). « Le vécu de la crise de 2008 semble apporter plus de "sérénité" aux chefs de PME, qui ne cèdent pas à un vent de panique psychologique », note Jean-Jacques Pichon, associé chez Grant Thornton. « Ce dernier rempart tient encore mais devient extrêmement fragile », tempère François Miquet Marty. Les inquiétudes sont plus nombreuses : la confiance concernant l’activité et la trésorerie baisse respectivement de 10 et 12 points par rapport à juin. Et face aux craintes de restrictions du crédit bancaire, deux tiers (69 % ) des chefs d’entreprise voient dans la crise de la dette une menace importante « pour la situation financière de [leur] entreprise ».

Dans ce contexte, les projets de développement sont de plus en plus teintés de prudence. Les dirigeants sont moins nombreux qu’en juin à vouloir augmenter leurs investissements en matière de « nouveaux marchés ou produits » (20 %, -6 points), de R&D (15 %, - 6) ou de communication (11 %, -3). Cet attentisme vaut également pour les intentions d’embauches, en repli de10 points (à 13 % ).

Face à la crise, les chefs d’entreprise attendent en priorité des candidats à la présidentielle qu’ils réduisent le déficit et la dette (63 % ). Tout en plaidant, contradiction habituelle, pour une baisse des charges. Ils souhaitent aussi un meilleur équilibre de l’impôt sur les sociétés entre PME et grands groupes et une harmonisation des politiques européennes.


Frédéric SCHAEFFER, Les Echos, 03/11/2011

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