Economie durable : la valeur verte monte en puissance en France

04.11.2014, source : Les Echos.fr

imprimer

Le rendement financier des biens verts est en croissance dans le secteur tertiaire.

Un bâtiment écologique se négocie-t-il financièrement mieux qu’une construction traditionnelle ? Cette question de la valeur verte taraude le secteur de l’immobilier depuis une petite dizaine d’années avec la montée en puissance des certifications vertes.

Le cabinet international IPD, spécialisé dans l’analyse des performances de plus de 62.300 biens immobiliers dans 45 pays, a développé une méthode qui compare les rendements financiers des immeubles verts avec des biens haut de gamme. Cette technique a été appliquée en France sur 1.200 biens HQE et plus de 200 certifications anglo-saxonnes Breeam. L’étude publiée voilà quelques jours fait ressortir la croissance depuis trois ans de la valeur verte dans le tertiaire.

Le rendement global moyen a gagné 0,5 % dans ce laps de temps. Et ce, aussi bien pour le marché de l’existant, 70 % du parc vert, que pour des projets en développement, moins d’un tiers de l’échantillon étudié par IPD. Chez ces derniers, la différence de rendement global peut atteindre 1,5 %. L’écart grandit nettement quand la valeur des immeubles dépasse 100 millions d’euros.

Le logement concerné

En revanche, l’analyse estime que le degré de certification ne joue pas encore. Bien que 80 % des constructions Breeam atteignent des performances « très bonnes », ces immeubles de meilleure qualité ne sont pas mieux valorisés. Pour IPD, c’est pourtant déjà le cas sur d’autres marchés internationaux et ses analystes anticipent une telle évolution prochaine en France.

La valeur verte gagne aussi le logement. La mise en place obligatoire d’une étiquette de performances énergétique sur les biens à louer ou à vendre a fini par influencer le marché. Une étude fin 2013 de l’association Dinamic, la première sur le logement en France, montrait que des pavillons en classe énergétique A se vend de 14 à 27 % plus cher que leurs équivalents en classe D. Reste que cette valeur verte n’a pas encore provoqué chez les propriétaires la vague de réhabilitations thermiques attendus.

Mathieu Quiret, Les Echos, le 29/10/2014

Dernières actualités