E-commerce : les TPE et PME, accros aux réseaux sociaux !

2017-11-13T18:04:00+02:00

13.11.2017, 


imprimer

Le réseau Facebook aurait en particulier un impact positif d’au moins 5 % du chiffre d’affaires pour 31 % des entreprises qui l’utilisent.

Facebook, YouTube, Instagram, Twitter… Originellement créés pour partager du contenu avec ses amis, les réseaux sociaux font désormais partie intégrante de la stratégie commerciale des entreprises. Dans sa dixième enquête sur le « Profil du e-commerçant, spécial TPE-PME », parue en janvier 2017, l’entreprise Oxatis a révélé qu’en 2016, 83 % des e-commerçants ont recours aux réseaux sociaux à des fins commerciales.

Facebook est le plus populaire d’entre eux : 79 % des vendeurs en ligne déclarent utiliser ce réseau social, parmi lesquels 31 % mesurent un impact économique positif, équivalent à une hausse minimum de 5 % du chiffre d’affaires. Il faut dire que le réseau créé par Marc Zuckerberg - qui rassemble plus de deux milliards d’utilisateurs dans le monde, dont 33 millions en France - offre une meilleure exposition que tous ses concurrents, notamment pour les entreprises qui vendent au grand public. Pour Marc Schillaci, fondateur et PDG d’Oxatis, il est le plus adapté aux PME : « Les petites entreprises ont une grande connaissance de leurs produits et aiment bien en parler de manière précise, ce qui est possible sur Facebook, où l’on peut poster des contenus variés et en grande quantité. Alors que Twitter ne permet d’écrire que 140 caractères. »

Twitter boudé par les PME de la vente en ligne

Le réseau social au petit oiseau bleu est en effet très peu plébiscité par les PME qui font de la vente en ligne. « Sur 20 % d’entreprises qui utilisent Twitter, seules 0,5 % estiment que ce réseau a un impact sur leur chiffre d’affaires », note Marc Schillaci. D’après l’étude d’Oxatis, les entreprises préfèrent les réseaux axés sur l’image : Instagram (appartenant à Facebook) et YouTube (propriété de Google). Avec un taux d’utilisation moindre – respectivement 11 % et 12 % - ils sont jugés efficaces par seulement 3,5 % et 4 % des entreprises ayant recours aux réseaux sociaux.

Les PME ont développé différentes stratégies sur les réseaux sociaux, et profitent notamment des données fournies par des marques prestigieuses. « Un petit fabricant de sacs de luxe va pouvoir identifier les gens qui "likent" des sacs Louis Vuitton ou Hermès, afin d’attirer cette clientèle. Cela revient presque à avoir une échoppe à côté du magasin Vuitton des Champs-Elysées », ose Marc Schillaci.


17 % des e-commerçants n’utilisent pas les réseaux sociaux

Les entreprises peuvent aussi rémunérer un réseau social, afin que ce dernier cible une clientèle spécifique et lui propose de la publicité. « Il ne faut pas qu’une campagne sur les réseaux sociaux représente un coût supérieur à 15 % du chiffre d’affaires, concède Marc Schillaci. Mais quelques centaines d’euros permettent déjà de toucher des clients efficacement. Et plus l’entreprise investit d’argent, plus elle pourra cibler précisément une clientèle, par exemple par tranche d’âge. »

À la traîne, 17 % de e-commerçants n’utilisent pas les réseaux sociaux pour promouvoir leur entreprise. Cette pratique est encore peu répandue pour la vente entre professionnels : « En BtoB, on utilise LinkedIn pour le recrutement, mais ce n’est pas très efficace pour la vente de produits », explique le fondateur d’Oxatis.


Un « problème générationnel »

Le lourd investissement que représente la conception d’un site mobile découragerait aussi les PME à utiliser les réseaux sociaux. « Or, ne pas renvoyer les internautes vers un site ergonomique sur mobile est contre-productif, assure Marc Schillaci. Surtout lorsqu’on voit la popularité croissante des achats sur mobile. » L’étude d’Oxatis le confirme : la part d’entreprises réalisant plus de 10 % de leur chiffre d’affaires sur mobile est passée de 19 % en 2015 à 52 % en 2016.

Un « problème générationnel » freinerait aussi certains entrepreneurs. Marc Schillaci leur conseille de « ne pas abandonner un réseau social que l’on n’arrive pas à maîtriser, mais changer plutôt la manière de s’en servir. Et surtout rester honnête et transparent avec les gens qui vous suivent en ligne, car ce sont vos premiers ambassadeurs !»

Antoine GOUZE, Les Echos Entrepreneurs, le 07/11/2017

Dernières actualités