Les secteurs

E-commerce : l'envolée du commerce électronique freinée par la crise économique

25.11.2011, source : Les Echos.fr

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Les ventes des sites marchands français ont progressé de 25 % au troisième trimestre, selon les plates-formes de paiement. Mais un panel de la Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance démontre que la croissance de la plupart des secteurs n’est plus qu’à un chiffre.

A première vue, tout va bien dans le meilleur des mondes pour le commerce électronique français. Le bilan du troisième trimestre et les prévisions pour Noël publiés hier par la Fevad (Fédération de l’e-commerce et de la vente à distance) alignent les taux de croissance. L’objectif d’un chiffre d’affaires global de 37,4 milliards d’euros pour 2011 sera tenu par les désormais 93.300 (une progression de 27 % en douze mois !) sites marchands actifs dans l’Hexagone. Au cours des trois derniers mois, le montant total des paiements en ligne a atteint les 8 milliards d’euros, soit une progression de 25 % par rapport au deuxième trimestre.

Par ailleurs, la période de Noël s’annonce bonne. Selon le baromètre iCE de la Fevad, qui regroupe les données de 40 sites marchands, en novembre et décembre, les ventes sur Internet atteindront 7,4 milliards d’euros, soit 20 % de plus qu’en 2010. Médiamétrie, estime que 64 % des internautes français (70 % de la population) ont l’intention d’acheter plus de la moitié de leurs cadeaux sur le Net. Les deux tiers dépenseront plus de 100 euros et 22 % plus de 250 euros. Le pic d’achats pour la plupart des sites aura lieu le 15 décembre. Et en dehors des produits techniques, traditionnelles vedettes du Net (voir ci-dessous), les achats se porteront en priorité sur les livres, les jouets et jeux, les DVD, les CD et le textile.

Mais si la hotte du père Noël électronique sera bien garnie, cela ne peut masquer le fait que la crise économique, qui pèse sur la consommation dans les magasins traditionnels, n’épargne pas le commerce virtuel. En réalité, elle réduit la vitesse de sa croissance. A cet égard, les chiffres du panel iCE pour le troisième trimestre sont éloquents.


Ralentissement général

Globalement, la hausse des ventes pendant les trois derniers mois a été de 10 % , contre 16 % au deuxième trimestre. Si l’on exclut les sites spécialisés ne s’adressant qu’aux professionnels ( « B to B »), on passe même de 13 % à 5 %. Et si l’e-tourisme affiche encore une progression à deux chiffres (+ 15 % ), les boutiques virtuelles de biens de consommation se contentent d’une croissance à un chiffre : + 7 % pour les produits techniques et + 5 % pour le textile. Autre indicateur : le panier moyen baisse, de peu (-1 %, à 91 euros), mais baisse tout de même.


Ce ralentissement général de la progression de l’e-commerce est, de toute évidence, lié à la conjoncture économique. En effet, selon Médiamétrie, l’adhésion des Français à ce mode de distribution est de plus en plus forte. Le nombre de cyberacheteurs a progressé de 13 % au troisième trimestre. Ils sont désormais 30,4 millions, sur un total de 39,4 millions d’internautes, chiffre en hausse, lui, de 5 % seulement. Par ailleurs, selon le panéliste Bertrand Krug, « la fréquence des achats sur Internet progresse aussi ». Les cyberachats sont, enfin, facilités par le développement de l’usage des smartphones. Le commerce virtuel sur mobiles ou tablettes a cru de 23 % au troisième trimestre 2011 et plus de 3 millions de Français ont déjà acheté un bien ou un voyage sur leur smartphone. Un smartphone qui devient l’outil de stragégies d’achat multicanal. « Aux Etats-Unis, un tiers des utilisateurs de smartphones utilisent leur appareil dans les magasins eux-mêmes » rappelle François Momboisse, président de la Fevad.


Philippe BERTRAND, Les Echos, 18/11/2011

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