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Dix ans après, le mariage Carrefour-Promodès n'a pas tenu ses promesses

27.01.2010, source : Les Echos.fr

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Le 25 janvier 2000, Bruxelles donnait son feu vert au rapprochement entre le numéro un français des hypermarchés et son concurrent Promodès. Avec un actionnariat et une direction profondément remaniés ces derniers mois, le premier distributeur européen veut sortir une fois pour toutes des affres d'une opération dont la complexité n'aura jamais été totalement maîtrisée.

Parmi les géants de la grande distribution cotés en Bourse, Carrefour devrait être celui qui affichera pour 2009 la plus mauvaise performance financière. Triste façon de fêter le dixième anniversaire de sa fusion avec son concurrent français Promodès. Annoncée fin août 1999, effective après le feu vert de la Commission européenne le 25 janvier 2000, l'opération a donné naissance au numéro deux mondial de la distribution, derrière l'américain Wal-Mart. Dix ans plus tard, premier distributeur en France et en Europe, et toujours challenger, loin derrière, du groupe basé à Bentonville (Arkansas), Carrefour n'en finit pas de faire les frais d'un mariage compliqué. Mais si d'aucuns prétendent qu'il est trop tard pour mener à bien cette fusion, le suédois Lars Olofsson, patron du distributeur français depuis un an, a pris le taureau par les cornes, en imposant un changement radical de management. Exit les barons, place à des nouveaux profils, dont le plus emblématique est sans aucun doute le Britannique James McCann, un jeune quadra venant de chez Tesco et qui prend la direction de Carrefour France, dans les prochains jours. A lui la responsabilité de mener à bien le chantier d'ores et déjà engagé visant à « réenchanter » les hypermarchés, d'accompagner la réorganisation d'une part des équipes de marketing, des achats, de la logistique dans les différents sièges du distributeur (dont la géographie devrait évoluer), et d'autre part de celles dans les magasins, de faire aussi en sorte que les nouvelles règles du jeu dans les relations avec les fournisseurs définies par la loi de modernisation de l'économie (LME) jouent en faveur du numéro un français de la distribution, de s'assurer enfin que le double impact, très positif, du passage des supermarchés Champion sous l'enseigne Carrefour Market et du développement de la marque de produits à bas prix Carrefour Discount peut s'inscrire dans la durée.

C'est à cette seule condition que le cours de l'action, à défaut de revenir aux alentours des 90 euros, son plus haut au plus fort de la bulle du début des années 2000, pourra ne serait-ce que s'approcher à nouveau de la barre des 50 euros, autour de laquelle Groupe Arnault et Colony sont entrés au capital du distributeur.

Antoine Boudet, Les Echos, 26/01/2010

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