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Distribution : Wal-Mart veut son porte-monnaie électronique

07.03.2012, source : Les Echos.fr

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Le leader mondial du secteur a noué un partenariat avec deux douzaines de distributeurs aux Etats-Unis pour développer une nouvelle solution de paiement mobile.

Alors que différents acteurs - venus d’Internet, de la finance ou des télécoms - expérimenteront cette année de nouvelles solutions de paiement mobile, un nouveau consortium a décidé de jouer sa partition. Selon le « Wall Street Journal », deux douzaines de distributeurs, dont Wal-Mart et Target, veulent développer leur propre système.

Ces distributeurs sont à la recherche d’une solution mieux sécurisée à leur goût que celles existantes. Mais, surtout, ils souhaitent conserver le plus longtemps possible le lien direct avec le consommateur dans la chaîne d’achat. Et ils ne voient pas pourquoi Google, PayPal ou les opérateurs de télécoms s’arrogeraient la part du lion dans le paiement mobile.


Mobilité et stratégie marketing

Pour les entreprises, l’enjeu est de taille : la multiplication des smartphones et des technologies sans contact facilitent le paiement et encouragent à la consommation. Les programmes de fidélisation, les coupons de réduction, peuvent facilement être gérés depuis une application sur un téléphone. De même, la géolocalisation offre un vecteur potentiellement puissant pour allécher un client avec des offres intéressantes. Le potentiel est très important puisque, selon IE Market Research, les paiements mobiles pourraient atteindre 998,5 milliards de dollars dans le monde en 2016, contre 47,2 milliards de dollars en 2011. Cela représente une croissance médiane de 83,7 % chaque année.


Les offres sont encore balbutiantes, avec des séries de tests programmés cette année. La plupart intègrent les données sécurisées de carte de crédit et explorent le paiement sans contact. L’évolution n’est pas évidente : cela implique de nouveaux terminaux aux points de vente, de nouveaux modèles de téléphones, de nouveaux logiciels et services et de nouvelles habitudes pour les consommateurs.

Aux Etats-Unis, les premiers à avoir formalisé une alliance autour du paiement mobile ont naturellement été les opérateurs de télécoms. Verizon, ATT et T-Mobile ont annoncé Isis à l’automne 2010, qui propose une solution de paiement sans contact. La semaine dernière, JPMorgan Chase, Capital One et Barclays ont indiqué qu’ils la feraient tester à certains clients cet été. Google, qui s’est lancé dans les télécoms avec la plate-forme Android, a présenté son Google Wallet en mai dernier. Il a noué des partenariats avec Citibank, MasterCard, First Data et avec une série de commerçants comme American Eagle, Macy’s, ou Jamba Juice. En octobre, il a annoncé une nouvelle application, Single Tap, qui permet de valider ses coupons de réductions et les offres promotionnelles via son téléphone. Près de 300.000 terminaux sont déjà en place. Les systèmes de paiement en ligne PayPal et Home Depot ont eux aussi lancé leurs propres solutions technologiques.

Une nouvelle offre de paiement mobile mise au point par un puissant groupe de distributeurs ne clarifie donc pas vraiment le jeu. Mais elle peut s’avérer un élément déterminant dans les années qui viennent pour dynamiser cette nouvelle forme d’achat.


Virginie ROBERT, Les Echos, 05/03/2012

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