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Distribution : Tesco enregistre ses pires ventes depuis plus de trente ans

06.06.2014, source : Les Echos.fr

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Malgré des baisses de prix, l'enseigne de distribution Tesco perd des parts de marché.

Dix-huit mois après l’annonce d’un plan de restructuration à 1 milliard de livres de son activité britannique, qu’il a accentué en février dernier, Tesco ne parvient pas à remonter la pente et son directeur général, Philip Clarke, est plus que jamais sous pression. D’autant que, s’il a déclaré que « des progrès étaient visibles dans son activité », le patron du premier distributeur britannique a refusé de promettre un retour à la croissance au cours « des quelques prochains trimestres ». Au cours des trois mois jusqu’au 24 mai, le géant des supermarchés a en effet vu ses ventes au Royaume-Uni - deux tiers du total et de ses profits -, reculer de 3,8 % à nombre de magasins comparable.

Selon Philip Clarke, il s’agit de la pire performance de cet indicateur, le plus suivi par les analystes, depuis le début de sa carrière de plus de trente ans. « Je n’ai jamais vu un trimestre pareil, mais je n’ai jamais vu une telle transformation de notre industrie », a-t-il expliqué. Malgré un trimestre équivalent l’an dernier marqué par le scandale de la viande de cheval, les ventes totales du groupe ont reculé de 0,9 % .

Pendant ce temps, Kantar Worldpanel a calculé que, au cours des douze semaines précédant le 25 mai, le groupe avait connu sa pire perte de parts de marché depuis vingt ans, celle-ci passant de 30,5 % à 29 %. Le groupe semble avoir perdu 1 million de visites de clients par semaine, soit 25 millions de livres de ventes. Les analystes ont calculé que la moitié de la baisse des ventes était liée à la stratégie de baisse des prix mise en place par le groupe - 400 millions de livres annoncés en février - pour contrer les supermarchés discount comme Aldi et Lidl. Du coup, la moitié de la contre-performance provient des pertes de parts de marché malgré le plan de modernisation des magasins. Contraint à nouveau de dire qu’il avait « tellement d’énergie, de détermination et de passion » qu’il n’allait pas partir avant de terminer sa mission, Philip Clarke a assuré que, sur les produits dont les prix avaient été baissés, les volumes étaient en hausse de 28 %.

Nicolas MADELAINE, Les Echos, le 05/06/14.

Correspondant à Londres

 

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