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Distribution : talonné par Leclerc en France, Carrefour maintient ses objectifs de résultat

16.07.2012, source : Les Echos.fr

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Malgré une nouvelle baisse des ventes en France et une aggravation de la baisse du chiffre d’affaires des hypers au deuxième trimestre, le groupe a confirmé ses prévisions de résultat. De son côté, Leclerc poursuit ses gains de part de marché.

Malgré la persistance des vents contraires sur le marché français, Carrefour a vu jeudi dernier son titre grimper de 7 % à la Bourse de Paris. Aux yeux des analystes et des investisseurs, le deuxième groupe mondial de distribution a évité le pire en confirmant lors de la présentation de ses ventes pour le deuxième trimestre 2012 ses prévisions de résultat opérationnel courant situées entre 2,03 et 2,09 milliards d’euros. « Nous sommes à l’aise avec cette fourchette », a déclaré, lors d’une conférence téléphonique, Pierre-Jean Sivignon, le directeur financier du groupe. En 2011, Carrefour avait dégagé un bénéfice opérationnel courant de 2,18 milliards d’euros, en recul de 20 %.

Pourtant, l’absence d’un avertissement sur résultats que certains craignaient sonne comme l’une des rares nouvelles positives de la communication effectuée hier. Au premier semestre, les ventes du groupe ont progressé de 0,9 %, à 43,68 milliards d’euros, mais ce chiffre n’est dû qu’au dynamisme des filiales d’Amérique latine et à l’effet de change en Chine. En Europe, la situation reste toujours aussi délicate avec un chiffre d’affaires en recul de 3,7 % en comparable, lors du dernier trimestre, une baisse équivalente à celle du trimestre précédent. En France, la situation empire, même s’il faut tenir compte de la perte des franchisés Coop Atlantique et Altis partis, respectivement, chez Système U et Intermarché. Lors des trois derniers mois, les ventes dans les magasins de l’Hexagone ont chuté de 3,3 % en comparable, contre seulement 0,3 % de janvier à mars. Pour les hypermarchés, on passe, même, de - 3,1 % à - 5,7 %. Une chute imputée aux rayons non alimentaires « impactés par une météo défavorable pour le textile et les produits saisonniers », indique le communiqué.

Heureusement pour Carrefour, l’appréciation de 15,7 % du renminbi en Chine a engendré une hausse de 14 % des ventes de Carrefour dans la zone Asie, malgré un médiocre - 3,4 % à magasins comparables. Tous les clignotants sont en revanche au vert en Amérique latine avec une hausse des ventes de 6,9 % en comparable, dont 6,2 % au Brésil où le format de magasin-entrepôt Atacadao poursuit sa croissance.


Leclerc surperforme Carrefour

Au global, « les tendances se stabilisent », estime Pierre-Jean Sivignon pour lequel, en France, la nouvelle politique initiée il y a deux ans et visant à réduire les promotions au profit de prix bas permanents finira par produire ses effets. Rappelons que le nouveau PDG, Georges Plassat, s’est donné trois ans pour rétablir l’entreprise. Avec un chiffre d’affaires de 19,22 milliards d’euros au premier semestre (15,2 milliards hors carburant), Leclerc reste deux fois plus petit que Carrefour, mais poursuit sa course pour la première place en France. Dans l’Hexagone, la croissance du groupement coopératif est de 8,3 % en valeur absolue et de 6,8 % à parc constant. Mais ces 6,8 % ne peuvent être comparés au - 1,8 % à magasins comparables de Carrefour sur la période. En effet, chez Leclerc, la notion de parc constant ne tient pas compte de l’agrandissement de nombreux magasins. Or, rien qu’en 2011, Leclerc a gagné 103.000 mètres carrés de surface de vente. Et début 2012, de l’aveu même de ses dirigeants, les extensions ont contribué à hauteur de 38 % à la croissance de Leclerc à parc constant. Reste que, même avec une hausse des ventes ramenée à 3 % en comparable, Leclerc surperforme Carrefour. Grâce à des prix plus bas (98 % des Leclerc sont les moins chers de leur zone de chalandise) et des hypers plus petits moins dépendants du non-alimentaire. Dans l’univers des produits de grande consommation, Leclerc gagne des parts de marché (+ 0,9 point à fin juin en cumul annuel), là où Carrefour en perd (-1,1 % ) selon Kantar. Avec 18,1 % de parts de marché, le réseau d’origine bretonne talonne son concurrent intégré (21,1 % ) et confirme son intention de le doubler en 2015. D’ores et déjà, selon ses calculs, le groupement vend plus de produits que Carrefour, hors magasins de proximité (seul segment qui marche chez Carrefour avec une hausse des ventes de 3,4 % au deuxième trimestre). Sur ce critère du volume, les parts de marché respectives sont de 17,7 % et 16,4 %.


Philippe BERTRAND, Les Echos, le 13/07/2012

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