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Distribution spécialisée : le patron de Kingfisher défend l'intégration franco-britannique du groupe

24.09.2012, source : Les Echos.fr

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A l’heure où Darty plc, dans la tourmente, s’est séparé de ses dirigeants après sa filiale anglaise Comet, Ian Cheshire, le directeur général du groupe Kingfisher, propriétaire des enseignes B & Q, Castorama et Brico Dépôt, prône les vertus de son modèle.

Même si le groupe Darty plc, autrefois baptisé Kesa Electricals, s’est délesté de Comet, sa chaîne de magasins outre-Manche, pour 2 livres symboliques, Kingfisher, l’autre grande entreprise franco-britannique de distribution spécialisée, n’a pas du tout l’intention de suivre cette voie. Ian Cheshire, le directeur général du distributeur d’articles de bricolage et de jardin, est en effet persuadé que la logique d’avoir un pied en Grande-Bretagne et l’autre en France reste intacte.

En marge du World Retail Congress, hier à Londres, le dirigeant du groupe qui contrôle les enseignes B & Q au Royaume-Uni et Castorama et Brico Dépôt dans l’Hexagone a expliqué aux « Echos  » qu’ « il y a trois grandes différences entre le cas Darty, que je connais très bien, et le cas Kingfisher  ». Au moment où Darty est confronté à une crise de gouvernance et à l’activisme de son premier actionnaire, le fonds Knight Vinke dirigé par Eric Knight, Ian Cheshire souligne d’abord que « B & Q et Castorama sont bien plus identiques que Darty et Comet  ». Darty met en effet l’accent sur le service avec son contrat de confiance quand Comet est un discounter, poursuit-il. « Du coup, les possibilités d’intégration étaient limitées  », note Ian Cheshire.


Faire valoir ses propres marques

Ensuite, poursuit-il, dans les métiers du bricolage, la pression sur les prix exercée par l’Internet est beaucoup moins forte que dans les produits d’électronique grand public vendus par Darty. « Il est donc plus facile pour nous de tirer de la valeur pour nos clients des synergies que nous dégagerons  », fait valoir le patron de Kingfisher. Enfin, la puissance de marques comme Apple ou Samsung est bien plus forte que celles dans le bricolage, où les fabricants prestigieux comme Black & Decker sont très peu nombreux. « Du coup, il est plus facile de faire valoir ses marques propres et leurs atouts en termes de prix, explique Ian Cheshire. C’est ce que nous faisons par exemple dans la peinture.  »

Le cap est donc clairement mis sur les synergies. « L’an dernier, seuls 2 % des produits vendus chez Castorama et chez B & Q étaient les mêmes, fait remarquer le dirigeant. L’objectif, compte tenu de la rotation lente des stocks de nos types de magasins, est de parvenir à 50 % dans les cinq ans qui viennent.  » Pour l’instant, « les actionnaires continuent de nous suivre, même si nous ne sommes qu’au début de notre nouveau plan à 5 ans  », explique le Britannique. Les vingt actionnaires les plus importants de Kingfisher se sont même renforcés, assure-t-il.

La conjoncture restant molle des deux côtés de la Manche, notamment en France où Ian Cheshire se montre prudent compte tenu des incertitudes liées à la politique du nouveau gouvernement, Kingfisher veut continuer à regarder vers le grand large. A cet égard, Brico Dépôt est perçu comme la marque recelant le plus de potentiel. Ses enseignes pourraient donc s’illuminer bientôt dans des pays de l’Est ou même au Portugal.

Nicolas MADELAINE, Les Echos, le 21/09/2012

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