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Distribution : Monoprix, le beau parcours d'une pépite de centre-ville

05.07.2012, source : Les Echos.fr

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L’enseigne Monoprix est présente dans 85 % des villes françaises de plus de 50.000 habitants. Son taux de marge était de 6,5 % en 2011.

Quatre-vingt ans d’histoire, et une page qui se tourne. Dernière survivante des enseignes apparues en France au début des années 1930, avec les Uniprix et autres Prisunic, Monoprix quitte le giron du groupe Galeries Lafayette. Le paradoxe est que cette chaîne inspirée du modèle des supermarchés à bas prix et prix unique qui fleurirent aux Etats-Unis dans le sillage de la crise des années 1930 est passée au fil des ans d’un statut d’enseigne dite « populaire » à celui de repère à « bobos ». Une offre alimentaire large et sophistiquée, des rayons beauté et habillement « bon chic bon genre », Monoprix s’est redéfini comme un « citymarché », selon la formule inventée par Philippe Houzé. Car si le PDG des Galeries Lafayette a dû se résoudre à vendre l’un des deux joyaux historiques du groupe, c’est bien lui qui en a assuré la renaissance, sur le modèle cette fois des supermarchés d’outre-Manche, l’anglais Marks & Spencer bien sûr mais aussi l’irlandais Super Quinn.


Une belle rentabilité

C’est donc désormais au sein d’un autre groupe centenaire, le stéphanois Casino, que, sous la houlette de son PDG et propriétaire Jean-Charles Naouri, Monoprix poursuit son aventure commerciale. Après quinze ans de vie partagées avec ses deux coactionnaires, l’un apportant la créativité marketing, l’autre la puissance d’achat, l’enseigne et ses déclinaisons constituent une véritable pépite de centre-ville. Qu’on en juge : Monoprix a dégagé une marge de 6,5 % en 2011, bien supérieure à celles, identiques, de Casino et Franprix-Leader Price à 3,7 %. Si Jean-Charles Naouri a pu reprocher à Philippe Houzé d’avoir un peu trop forcé sur les prix -par rapport à un indice 100 des enseignes alimentaires, la chaîne a pu caracoler au-dessus de 110 -, ses emplacements privilégiés en centre-ville et sa capacité à accompagner voire à anticiper les nouveaux modes de consommation d’une clientèle urbaine de plus en plus éclatée... et stressée lui permettent, en effet, de pratiquer une politique tarifaire lui assurant une belle rentabilité. Même s’il faut rapporter cela aux montants des investissements, ce qui réduit du coup le taux de retour sur capitaux engagés.


Stéphane Macaire, le jeune (trente-huit ans) directeur général délégué de Monoprix, aura dû, depuis sa nomination en juillet 2010, composer avec deux actionnaires aux relations dégradées,quand son prédécesseur, Bernardo Sanchez Incera, avait bénéficié d’une grande liberté d’action pour insuffler une nouvelle dynamique. Mais il peut désormais se consacrer pleinement au développement du groupe. Si, l’enseigne est présente dans 85% des villes de plus de 50.000 habitants, elle pourra s’implanter dans des cités plus modestes et dans des lieux de mobilité (gares, stations RER...), jouant la carte de la proximité où Casino est passé maître. Enfin, avec Naturalia, elle dispose d’une belle planche pour surfer sur la vague bio.

Les chiffres clefs

Fondé en 1932 par Max Heilbronn, le gendre du fondateur des Galeries Lafayette Théophile Bader, avec un premier magasin à Rouen, Monoprix est aujourd'hui un groupe de 450 points de vente, à fin 2011, pour un chiffre d'affaires de 4,1 milliards d'euros et 300 millions de résultat opérationnel. Son parc de magasins se répartit en 6 enseignes :
- Monoprix , 292
- Monop', 68
- Dailymonop,18
- Beautymonop, 6
- Monop'station, 3
- Naturalia, 63
Le groupe Monoprix compte quelque 20 471 salariés et ses points de vente accueillent près de 800 000 clients par jour.


Antoine BOUDET, Les Echos, le 02/07/2012

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