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Distribution : les ventes des centres commerciaux confirment la déprime du non-alimentaire

25.01.2012, source : Les Echos.fr

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Le chiffre d’affaires des commerçants des centres commerciaux a reculé l’an dernier pour la troisième fois seulement en quarante ans.

Le recul est faible mais sa symbolique est forte. « Le chiffre d’affaires des commerçants des 160 centres commerciaux que nous suivons a baissé l’an dernier de - 0,5 % . Il s’agit de la troisième baisse seulement en quarante ans, après 1993, puis 2009 », a souligné hier Eric Ranjard, président du Conseil national des centres commerciaux (CNCC). Fait plus inquiétant, ce très faible recul annuel est en fait l’agrégation d’un assez bon premier semestre, puis d’un net décrochage à partir de juillet. La fréquentation, elle, a fléchi l’an dernier de 1,3 % malgré un fort rebond sur la seconde moitié de décembre (aboutissant à + 3,7 % sur le mois de décembre).

Le chiffre d’affaires des centres de proximité, c’est-à-dire intercommunaux, résiste mieux. Les centres régionaux et ceux des centres-villes ont reculé du fait de la présence dans leurs murs des grandes surfaces spécialisées, dont le chiffre d’affaires a baissé de - 4,3 % contre une progression de + 0,5 % pour les boutiques.


Tendance lourde

C’est « l’effet Darty ». Et il s’agit d’une tendance lourde. En annonçant pour la période du 1er novembre 2011 au 8 janvier 2012, soit la période de Noël, un chiffre d’affaires en baisse de - 4,7 % à surface comparable en France, Darty confirme la chute du marché des produits d’électrodomestique. « Une croissance des ventes a été enregistrée en électroménager et dans le multimédia [les tablettes, NDLR], mais cette progression a été plus que contrebalancée par le fort déclin du marché de la télévision », a précisé dans un communiqué hier Kesa, la maison mère de l’enseigne au « contrat de confiance ».


A l’évidence, les consommateurs opèrent des arbitrages budgétaires sur les produits qui ne sont pas essentiels au quotidien et dont l’acquisition peut être repoussée. Le même constat a déjà été fait par les spécialistes du textile qui ont vu leur marché s’effondrer en septembre dernier. Selon l’Institut français de la mode (IFM), la consommation de textile et de vêtements a reculé de l’ordre de 2 % en 2011. Une estimation confirmée aussi bien dans les boutiques que dans les rayons des hypermarchés.


Myriam CHAUVOT et Philippe BERTRAND, Les Echos, 20/01/2012

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