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Distribution : les marques pourront imposer aux sites Web d'ouvrir des boutiques

23.04.2010, source : Les Echos.fr

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Dans le nouveau règlement adopté hier, la Commission européenne indique que les entreprises sont libres d'opter pour le mode de distribution de leur choix. Un distributeur agréé pourra utiliser la vente en ligne sans restriction.

Equilibre pour les uns, frein à la concurrence pour les autres : la Commission européenne a adopté hier le nouveau règlement d'exemption sur la vente de produits et services, le dernier datant de 1999. L'enjeu ? Prendre en compte l'évolution d'Internet qui, depuis dix ans, « augmente le choix des consommateurs », explique Bruxelles.


Le nouveau texte qui va s'appliquer jusqu'en 2022 pose un principe : les entreprises sont libres de décider comment leurs produits sont distribués. Mais pour pouvoir vendre en ligne, elles pourront imposer aux distributeurs de posséder un ou plusieurs magasins en dur, « afin que les consommateurs puissent voir physiquement leurs produits ». Le luxe bénéficiait déjà de cette possibilité. Les fabricants de produits grand public vont désormais en profiter pleinement. A condition toutefois que fournisseurs ou distributeurs ne dépassent pas 30 % de parts de marché.


Une fois qu'ils ont obtenu un agrément des fabricants, les distributeurs sont libres de vendre sur leurs sites Web. « Pour la distribution sélective, cela signifie que les fabricants ne peuvent pas limiter les quantités vendues sur Internet ou imposer des prix plus élevés pour cette vente en ligne », poursuit Bruxelles. Ces achats pourront aussi dépasser le territoire du distributeur, et venir d'autre pays. Ce qui lui permettra « de tirer pleinement parti du marché intérieur ».


Hier, les sites de vente en ligne ont critiqué le texte. Pierre Kosciusko-Morizet, PDG de PriceMinister et président de l'ACSEL, l'association de l'économie numérique, a estimé que la possibilité donnée aux industriels d'imposer un magasin en dur est un frein qui « discrimine les spécialistes du commerce en ligne ». « Nous pouvons saisir l'Autorité de la concurrence, mais cela prendra six mois et les produits concernés seront déjà passés de mode », se plaint-il. Des positions que partagent peu ou prou la Fédération du e-commerce et de la vente à distance. Les fédérations du luxe en Europe, comme le Comité Colbert en France) ou Altagamma en Italie, applaudissent en revanche. « C'est une victoire pour les consommateurs car leurs attentes en matière de qualité, de service et d'authenticité lorsqu'ils achètent des produits de luxe seront respectées. »

P.B. ET D.CH, Les Echos, 22.04.2010

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