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Distribution : les indépendants s'adaptent mieux à la crise

19.04.2013 mis à jour le 22.04.2013, Les Echos.fr

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Souplesse et capacité d'adaptation, les atouts des réseaux d'indépendants leur permettent de continuer à croître en France.

A l'évidence, en France, le format des grands hypermarchés continue de souffrir face aux petits hypers et aux supermarchés. Outre les chiffres de Carrefour et de Casino, il suffit, pour s'en convaincre, de regarder les performances des groupements coopératifs, qui sont tous, peu ou prou, positionnés sur ce créneau. Si les deux groupes de distribution intégrés brouillent les pistes pour le premier trimestre 2013, Intermarché et Système U n'ont pas cette pudeur. On les comprend : il est plus facile de jouer la transparence lorsque tout va bien.

Pour Intermarché, Philippe Manzoni, président d'ITM Entreprise, affirme aux « Echos » que les ventes à surfaces comparables de son réseau ont progressé de 3,7 % . Chez Système U, on annonce une évolution du chiffre d'affaires pour les trois premiers mois de l'année, tous formats de magasins confondus (mais pas à périmètre comparable) de 3,6 %.

Politique de prix bas

Selon nos informations, Leclerc, qui refuse de communiquer ses chiffres, aurait poursuivi sa progression en termes de part de marché au premier trimestre, avec un gain de 0,7 point, devant Intermarché (+ 0,5 point). Leclerc continuerait de gagner des nouveaux clients, comme Intermarché, qui, lui, bénéficie toutefois de l'intégration d'Altis, ex-franchisé Carrefour, mais aussi d'une hausse de son panier moyen.

Si l'on ajoute que Système U annonce, de son côté, une hausse de la fréquence de visite de ses clients, « qui a fait progresser la dépense par client de 4 euros », on comprend que le succès des indépendants tient à leur capacité à entretenir la fréquentation de leurs magasins. La raison : des points de vente plus petits et de proximité (on compte un Intermarché tous les 17 kilomètres en France), ce qui permet des visites plus fréquentes, mais, surtout, une politique de prix bas ancienne (pour Leclerc) et globale. Une stratégie qui explique la poursuite du déclin des hard-discounters dans l'Hexagone. « Nous bénéficions de la bonne résistance de l'alimentaire dans la consommation, commente Philippe Manzoni. Et nous notons qu'elle ne porte pas, malgré la crise, que sur les produits basiques. Nous observons une croissance des ventes de produits qualitatifs ou même haut de gamme. Les consommateurs se font plaisir avec des produits alimentaires conviviaux. Chez Intermarché, cette tendance nous porte grâce à la force de nos rayons traditionnels. » Autre signe de cette recherche de petits plaisirs du quotidien, la bonne performance, chez les Mousquetaires, des arts de la table. Autre tendance, également constatée dans les autres enseignes, le succès des produits régionaux.

C'est fort de ce constat que Carrefour a décidé de réorganiser la gestion de ses hypermarchés en bassins régionaux. Une volonté de décentralisation affirmée à plusieurs reprises par le PDG, Georges Plassat. Le but : coller au plus près de la demande et des particularités de chaque zone de chalandise.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 19-20/04/2013