Les secteurs

Distribution : les Français n'aiment pas les grandes surfaces alimentaires

16.10.2012, source : Les Echos.fr

imprimer

Selon un sondage réalisé par l’Ifop pour le compte de Wincor Nixdorf, seuls 30 % des consommateurs apprécient de faire leurs courses dans les supers et les hypermarchés. Ils trouvent le parcours d’achat trop long et attendent plus de services.

Lars Olofsson, l’ex-PDG de Carrefour, voulait « réenchanter l’hypermarché ». On le comprend. [[1547]], malgré la crise qui devrait favoriser ce temple des prix bas. Un sondage de l’Ifop commandé par le fournisseur de terminaux de vente Wincor Nixdorf et publié mercredi apporte un début d’explication à ce phénomène.

Alors que 98 % des Français fréquentent les supers et hypermarchés et que la majorité (53 % ) d’entre eux y passent en moyenne plus d’une heure par semaine, les grandes surfaces alimentaires sont les magasins qui « n’enchantent » pas le consommateur (60 % ), voire ceux dans lesquels celui-ci se rend « à contre-coeur » (9 % ). Seuls 30 % des clients « apprécient les moments » passés dans les rayons. La proportion est exactement inverse pour les points de vente de produits culturels (ce qui laisse de l’espoir à [[1549]]...) et, surtout, pour les cybermarchands. « Internet est le magasin préféré des Français », résume à grands traits Frédéric Micheau, directeur général adjoint de l’Ifop.

Dans l’attente de vendeurs compétents

L’enquête pointe clairement les principaux reproches faits aux supers et hypermarchés. A la question de savoir quelles sont les raisons qui les poussent à abandonner un achat en magasin, les consommateurs répondent, en dehors des prix (51 % ), à 25 % la longueur de la file d’attente, 21 % l’incapacité du personnel à les renseigner, les produits manquants (19 % ) et l’indisponibilité du personnel.

Pour Thibaut de Saint-Pol, sociologue à Sciences-Po Paris, qui a analysé les résultats du sondage pour Wincor Nixdorf, « la crise économique exerce une pression économique sur les Français, mais aussi une pression temporelle qui les poussent à vouloir passer moins de temps en magasin ». Au-delà de cet aspect, si l’on croise ces données avec le fait que 91 % des sondés affirment préparer leurs achats sur Internet, on s’aperçoit que les clients qui arrivent mieux informés qu’autrefois sur le lieu de vente exigent tout de même plus de service et, notamment, de la part de vendeurs compétents. « Dans une société sécularisée, le consommation est vécue comme une occasion de créer du lien, un moyen d’appartenir à un groupe. On voit apparaître un phénomène de coproduction. Le consommateur veut participer à la production de ce qu’il achète », note Thibaut de Saint-Pol. Ce qui justifie le besoin d’échanges.

On comprend dès lors pourquoi le britannique Tesco, en perte de vitesse sur son marché domestique, a éprouvé la nécessité d’embaucher 8.000 collaborateurs supplémentaires, malgré l’érosion de sa rentabilité.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 10/10/2012

Dernières actualités