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Distribution : Leclerc vise la place de premier distributeur français

10.02.2012, source : Les Echos.fr

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Après une croissance de ses ventes de 3,6 % à nombre de magasins constant en 2011, l’enseigne indépendante veut doubler Carrefour en 2015.

« L’année 2011 a été exceptionnelle pour Leclerc. » Michel-Edouard Leclerc, le président de ACDLec, n’a pas nuancé son propos hier à Paris en présentant les derniers résultats commerciaux du réseau de commerçants indépendants qui regroupe 750 points de vente à dominante alimentaire. En France et hors carburant (l’enseigne réalise tout de même 7,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans ce secteur !), les ventes ont progressé de 5,5 % l’an passé, à 30,2 milliards d’euros. A parc de magasins constant, la hausse est de 3,6 %.

Fort de cette performance, qui se traduit également par un gain de 0,6 point de part de marché, la plus forte progression du secteur, le fils d’Edouard Leclerc annonce son intention de doubler Carrefour en 2015 et de « devenir le premier distributeur français ». Cela passe d’abord par des augmentations respectives du chiffre d’affaires du groupement et de sa part de marché de 4 % et 0,5 %. Aujourd’hui, la part de marché de Leclerc s’établit à 18 % , selon le panéliste Kantar, contre 21,1 % pour Carrefour. Arguant d’une « croissance durable » prouvée par « cinquante-cinq mois successifs de gains de parts de marché », Michel-Edouard Leclerc croit à la force d’un concept commercial qui s’appuie sur trois éléments : une même marque, Leclerc, une politique de prix intraitable, avec des tarifs en moyenne 5 % inférieurs à ceux des concurrents, et un développement tous azimuts des circuits de vente combinant, selon une stratégie multicanal ou « omnicanal », les points de vente physiques et Internet.

En termes de prix, Leclerc entend « faire barrage » aux augmentations que demandent les industriels dans le cadre des négociations commerciales 2011 (5 % en moyenne). « Nous anticipons que la consommation va être très dure d’ici au printemps », affirme le président de l’ACDLec. Ce dernier calcule qu’en 2011 déjà, la croissance de l’enseigne n’a été due qu’à hauteur de 2 % à la hausse naturelle de la consommation. Ce phénomène devrait se répéter dans les mois qui viennent.

Sur le plan du multicanal, le groupement d’indépendants annonce l’ouverture de sites Internet spécialisés (sous la bannière du portail Leclerc) en 2012 : pour les voyages en avril, et une partie des produits culturels en novembre. Déjà, en 2011, un tiers de la progression a été porté par le « drive », ce service de commande de produits alimentaires sur Internet.

Dans l’esprit de Michel-Edouard Leclerc, il faut faire flèche de tout bois, les modes de vente nouveaux (Internet mais aussi les magasins spécialisés dans la culture, le bricolage, etc.) compensant la faiblesse des hypermarchés traditionnels. Pour le dirigeant, « l’hypermarché n’est pas en danger, contrairement à ce que disent les analystes ». Cependant, l’examen du détail des chiffres montre que les performances des grands hypermarchés de l’enseigne (plus de 6.500 m 2, soit 114 magasins) ne sont pas si excellentes. La hausse de 5,3 % de l’activité enregistrée pour 2011 est quasi intégralement nourrie par l’ouverture de 8 nouveaux points de vente. Autrement dit, la stabilité est de mise à parc constant. Pour Leclerc, comme pour les autres distributeurs, le multicanal est une parade aux changements d’habitudes des consommateurs.


Philippe BERTRAND, Les Echos, 08/02/2012

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