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Distribution : Leclerc veut relancer sa croissance en Espagne

08.11.2012, source : Les Echos.fr

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Présent depuis vingt ans en Espagne, le groupe Leclerc a décidé de relancer sa présence de l’autre côté des Pyrénées, avec l’ambition d’être rapidement identifié comme « l’enseigne la moins chère ». Cette relance s’articule autour du rachat de sept hypermarchés au distributeur basque Eroski, qui a permis de quasiment doubler le nombre de magasins Leclerc en Espagne (18 actuellement), et le lancement, hier, d’un site comparateur de prix Buscaelmasbarato. com, dans la lignée du Quiestlemoinscher.com français. « Dans dix ans, Leclerc ne sera encore probablement qu’un challenger en Espagne mais nous serons définitivement établis comme étant l’enseigne la plus consumériste et la moins chère », a expliqué Michel-Edouard Leclerc, le président du mouvement, hier à Madrid.

Depuis l’ouverture de son premier magasin en 1992, le groupe avait eu en Espagne une croissance « un peu trop molle », selon les propres mots de Michel-Edouard Leclerc. La volonté de réactiver l’implantation ibérique s’inscrit dans un objectif plus large d’internationalisation. « Nous voyons nos limites en France : nous allons avoir 18 % de part de marché, c’est le moment où l’on risque de s’embourgeoiser, a plaisanté Michel-Edouard Leclerc. C’est aujourd’hui une nécessité pour une enseigne comme la nôtre que de se développer sur le territoire européen, nous avons mis le booster. » Le patron de l’enseigne de grande distribution reconnaît volontiers que Leclerc n’est encore qu’un « petit joueur » à l’international, avec une centaine de magasins répartis entre l’Espagne, l’Italie et la Pologne, pesant 5 % du chiffre d’affaires. « Mais l’ambition est là », a insisté Michel-Edouard Leclerc, qui compte par exemple ouvrir 100 magasins dans les dix prochaines années avec son partenaire italien.

Comparateur de prix

Le groupe ne craint pas d’investir dans une économie en récession même si cette situation de crise invite les responsables du développement espagnol à la prudence. « Nous n’écartons pas de nouvelles acquisitions mais ça dépendra de l’évolution de l’économie espagnole », a expliqué Patrick Rigault, directeur du groupe en Espagne. Comme ça a été le cas en France, l’enseigne s’attend à devoir subir quelques procès sur l’ouverture de son comparateur, qu’il compte aussi décliner en Italie et en Pologne. Une campagne menée en septembre, juste après la hausse de trois points de la TVA (18 % à 21 % ), a permis de comparer 450 produits de marques nationales chez sept distributeurs (AhorraMas, Auchan, Carrefour, Hipercor, Maxi-Dia Mercadona et Leclerc), faisant ressortir Leclerc comme le moins cher. L’enseigne peut aussi se targuer d’avoir vu son magasin de Vallecas, dans la banlieue sud de Madrid, être élu le moins cher de la capitale par l’une des deux grandes associations espagnoles de consommateurs.

Jessica BERTHEREAU, Les Echos, 31/10/2012

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