Distribution : le roi des surgelés Picard est à vendre

30.11.2014, source : Les Echos.fr

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A la veille des préparatifs de fêtes de fin d’année, le pic des ventes, les grandes manœuvres reprennent chez les grands noms des produits surgelés. Selon des sources concordantes, la société d’investissement britannique Lion Capital prépare la vente de Picard, quatre ans après avoir racheté au fil du rasoir pour plus 1,5 milliard d’euros à BC Partners ce distributeur. Le gérant de fonds a, selon ces mêmes sources, mandaté une banque pour examiner cette option et des alternatives stratégiques pour le géant du surgelé, qui au travers de ses 920 magasins dans l’Hexagone vend un moelleux au chocolat toutes les 6 secondes et génère 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Une opération qui intervient de façon concomitante à l’annonce par Nestlé de la mise en vente ou l’ouverture du capital de Davigel, spécialiste des surgelés pour la restauration commerciale et collective.

Dans un premier temps, Lion Capital, également propriétaire du groupe Findus, aurait plutôt envisagé une introduction en Bourse de Picard. Mais les perturbations de la Bourse cet automne ont eu raison de cette alternative. Si une nouvelle cession est engagée, elle pourrait voir, outre des fonds, le retour de grands acteurs distributeurs au capital de cette ancienne filiale de Carrefour, qui l’avait revendue en 2001 pour son premier LBO au fonds Candover, estiment certains.

Mais l’équation est difficile. Il y a deux ans, la société d’investissement Permira avait dû faire machine arrière dans la vente du groupe Iglo, le leader européen du secteur. Après l’avoir racheté 1,89 milliard d’euros en 2006, il n’est pas parvenu à imposer son prix de près de 3 milliards, six ans plus tard, au consortium formé pour l’occasion par BC Partners et Blackstone. Du coup, Permira s’est orienté vers un refinancement du groupe européen de 1,6 milliard de dette avant l’été... et il visait aussi, selon des sources de marché, une introduction en Bourse. A défaut d’une cession pure et simple, ce pourrait être l’option alternative retenue par Lion Capital, quitte à se faire rembourser une partie du capital à cette occasion... et in fine replanifier un retour en Bourse.

Picard a commencé à se préparer à toutes les alternatives. Il y a peu, le groupe qui reste peu internationalisé a annoncé son implantation au Japon dans le cadre d’un accord avec le géant local de la distribution Aeon. Après un premier essai difficile en Italie, suite au rachat de Gel 2000 dans les années 1990, son très actif dirigeant depuis 2009, Philippe Pauze, dit vouloir s’attaquer à la Suisse et au Luxembourg pour embrayer sur le Canada. Picard table d’ici à cinq ans sur 10 % à 15 % de son chiffre d’affaires à l’étranger.

Anne DRIF et Philippe BERTRAND, Les Echos, le 25/11/2014

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