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Distribution : le redressement du groupe Carrefour reste à consolider

22.01.2014, source : Les Echos.fr

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L’enseigne Carrefour affiche en France son meilleur taux de croissance depuis 2007. Mais les analystes ont été déçus par les performances en Chine et au Brésil.

Dès leur publication le 16 janvier, les chiffres de Carrefour pour le quatrième trimestre 2013 et l’ensemble de l’année ont déçu les analystes. Le titre du deuxième distributeur mondial a affiché à l’ouverture de la Bourse la plus forte baisse du CAC 40. Mais, paradoxalement, les données publiées confortent la volonté du PDG, Georges Plassat, de ne pas laisser s’effondrer son marché domestique et la zone Europe, dont les consommateurs possèdent toujours, malgré la crise, l’un des plus forts pouvoirs d’achat de la planète.

Ce sont d’abord les ventes au Brésil et en Chine, à la fin de l’année, qui ont inquiété les investisseurs. Au cours du quatrième trimestre 2013, le chiffre d’affaires des hypermarchés et « cash and carry » brésiliens n’a progressé que de 5,6 % en comparable, un rythme moins élevé que sur les neuf premiers mois de l’année et que celui de son concurrent Pao de Açucar, filiale de Casino. En Chine, les ventes ont reculé de 3,1 %, toujours en comparable, quand elles avaient progressé au cours des six précédents mois.

Certains analystes ont également estimé que les performances des hypermarchés français n’étaient pas aussi solides que prévu. Chez Bank of America Merrill Lynch, on note « des chiffres inférieurs au consensus ». Il est vrai qu’au cours du troisième trimestre 2013, la progression des ventes en comparable des hypers français était de 3 %, contre 1,4 % pour le quatrième trimestre. La période des fêtes n’a pas été excellente. « Les ventes de Carrefour au quatrième trimestre se sont révélées légères », résume-t-on à la Société Générale.

Pour autant, le redressement du groupe, amorcé ces derniers mois, se confirme bel et bien. Sur l’année, « nous avons accéléré la croissance de nos ventes tant en France qu’à l’international », s’est félicité le directeur financier de Carrefour, Pierre-Jean Sivignon, lors d’une conférence téléphonique. De fait, avec 84,3 milliards d’euros sur l’ensemble de 2013, en données retraitées des cessions intervenues en Grèce, en Indonésie, en Colombie, en Malaisie, à Singapour et en Turquie, et hors effets de change, essence et variations calendaires, le chiffre d’affaires ressort en hausse de 2,5 %  (3,5 % à l’international, 1,3 % en France).


Une image-prix restaurée

Plus significatif, la France, avec 39,72 milliards d’euros, affiche son meilleur taux de croissance depuis 2007. Et, au cours du quatrième trimestre de l’an passé, tous les formats de magasin ont enregistré une croissance à périmètre comparable : 1,4 % pour les hypers, 2,1 % pour les supers et 4,3 % pour la proximité. Le contraste est réel avec Casino, qui surperforme au Brésil, mais voit les ventes de toutes ses enseignes baisser dans l’Hexagone (en comparable). Pour Pierre-Jean Sivignon, ces résultats sont notamment dus « à la restauration de l’image-prix de l’enseigne grâce à la garantie des prix les plus bas sur 500 produits de grandes marques ». Une baisse des prix engagée par Casino il y a quelques mois seulement.

Dans le reste de l’Europe, la filiale espagnole de Carrefour est elle aussi repassée dans le vert, au quatrième trimestre, à + 0,2 % en comparable. Une première depuis 2008 cette fois. L’Italie demeure, en revanche, un vaste chantier, avec des ventes encore en fort recul de près de 6 %.

Selon Pierre-Jean Sivignon, le salut dans les deux grandes filiales que sont le Brésil et la Chine passera par le développement.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 17/01/2014

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