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Distribution : le pôle industriel d'Intermarché en pleine croissance

13.11.2013, source : Les Echos.fr

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Michel Ortega, président du pôle industriel des Mousquetaires ne cache pas ses ambitions : « En 2008, nous réalisions 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Nous sommes à 3,5 milliards aujourd’hui et nous nous classons 11e groupe agroalimentaire français. Notre objectif est d’atteindre les 4 milliards en 2015 et d’entrer dans le Top 5. »

Avec 61 usines et une présence dans 15 activités, essentiellement dans l’agroalimentaire (viande, plats cuisinés, biscuiterie, etc.) mais aussi l’hygiène - avec la dernière unité de production française de couches-culottes, à Ploërmel -, la quincaillerie (en Ile-de-France) et, depuis le 7 novembre dernier, le biocarburant, au Havre. le groupement de commerçants indépendants est aussi un acteur industriel majeur.

Une stratégie qui tient en trois mots, résume Christophe Bonno, le directeur général du pôle : « Sécuriser notre approvisionnement. » C’est le fondateur des Mousquetaires et d’Intermarché, Jean-Pierre Le Roch qui a pris cette direction, il y a quarante ans. « Aujourd’hui, nous produisons 45 % des produits à marque de distributeur du groupement, pour Intermarché, ainsi que pour Bricomarché. Nous approvisionnons également nos restaurants Poivre Rouge », explique le dirigeant. « L’objectif est aussi de produire des MDD différentes des autres, avec plus de qualité et de valeur ajoutée », complète Michel Ortega, qui rappelle que, chaque année, les Mousquetaires investissent 80 millions d’euros dans leur outil de production et qu’aujourd’hui l’accent est mis sur l’innovation avec une centaine de salariés dédiés à la recherche et au développement.

La sécurisation des approvisionnements, qui sera peut-être demain cruciale, avec la forte poussée mondiale sur les matières premières agricoles, est aussi réalisée par le biais de quelque 17.000 partenariats avec les producteurs.

Pour aller plus loin, les Mousquetaires pourraient réaliser des acquisitions, comme en 2010 avec l’usine de produits élaborés à base de volaille de Duc à Locminé. Mais « nous visons surtout à trouver de nouveaux marchés, à l’international notamment, pour nos outils existants », précise Christophe Bonno. La part de la production effectuée pour le compte d’autres clients que ceux du groupe passerait alors de 20 % à 30 %.

Concurrence allemande déloyale

S’il fallait démontrer encore l’engagement d’Intermarché dans l’industrie, il suffirait d’écouter Michel Ortega dénoncer les « charges lourdes » et « l’administration trop présente » qui pèsent sur l’industrie française. Le président du pôle industriel dénonce comme ses pairs l’écotaxe et la concurrence déloyale de l’agriculture allemande qui sous-paie sa main-d’oeuvre. « La révolte bretonne, ce n’est que le commencement », affirme-t-il.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 08/11/2013

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