Les secteurs

Distribution : le Groupement des Mousquetaires clarifie sa gouvernance pour se réformer

06.02.2011, source : Les Echos.fr

imprimer

La démission, en novembre, du président de la Société Civile des Mousquetaires, Michel Pattou, six mois avant la fin de son mandat, a créé un choc. Le premier groupe d'indépendants, avec plus de 3.000 adhérents, a décidé de mettre de l'ordre dans la maison.


Fini le mélange des genres et les pleins pouvoirs ! C'est, d'une certaine manière, le message qu'ont voulu faire passer les 1.350 associés, détenteurs des parts de la Société Civile des Mousquetaires (SCM), qui avaient voté, lors de la dernière assemblée générale le 24 novembre, pour une clarification des rôles entre cette dernière, « gardien du temple » de l'esprit insufflé par le fondateur, Jean-Pierre Le Roch, et ITM Entreprises (Itme), la société holding chapeautant les entités opérationnelles.


C'était le résultat d'une nouvelle crise de gouvernance, dont ce distributeur atypique est coutumier au long de son histoire. Cette fois, Michel Pattou, dont le deuxième mandat (de quatre ans) à la présidence de la SCM courait jusqu'en mai 2011, avait décidé de remettre son tablier. Une façon, pour certains, de couper l'herbe sous le pied des « agitateurs », au rang desquels Eric Mozas, adhérent du nord de la France, président démissionnaire en 2009 d'ITM Alimentaire et censé mener la fronde des patrons des hypermarchés du groupe insatisfaits des conditions qui leur étaient faites et Philippe Boutron, l'un d'entre eux, autre ancien président d'ITM Alimentaire et adhérent de la région parisienne, qui a fait passer, depuis, son plus grand point de vente sous l'enseigne Leclerc ?


« Ca n'avait rien à voir avec les moments délicats que nous avons traversés en 2002 avec les questions sur l'avenir de notre filiale allemande Spar. Il s'agissait seulement d'anticiper de quelques mois un départ prévu dans nos statuts après un gros travail de plus de huit ans à la tête de la SCM », assure pourtant aujourd'hui Jean-Pierre Meunier, le nouveau président élu, adhérent Bricomarché d'Indre-et-Loire. Pour bien marquer le changement, néanmoins, un conseil d'administration de 8 membres a donc été installé à la SCM, « sur un mode de conseil de surveillance », précise Jean-Pierre Meunier. L'occasion de « se redonner des missions claires ».


Garant de l'éthique

Le conseil de la SCM est ainsi le garant des valeurs et de l'éthique du groupement, de sa pérennité, par l'examen des comptes du groupe, et des intérêts et des biens patrimoniaux des associés.


Société civile à capital variable, la SCM est en effet détenue à 100 % par ces derniers (plus d'un millier donc), porteurs de 8 à 60 parts, selon le principe « un homme, une voix ». La part, dont la valeur est définie statutairement, ne donne pas droit à dividende. Elle est revalorisée de façon à ce que l'effort financier consenti par chaque adhérent d'aujourd'hui, « qui doit pouvoir devenir associé », soit le même relativement qu'il y a vingt ans, et ne peut se revendre qu'à l'intérieur de la SCM. Celle-ci a aussi une mission prospective et, enfin, son conseil d'administration « nomme le patron de l'opérationnel », en l'occurrence, donc, le président d'Itme. Ce dernier est à la tête d'un conseil d'administration constitué dans une logique de représentativité des territoires et des métiers avec quatre membres aujourd'hui et un cinquième, prochainement, issu de l'enseigne Bricomarché. « Il s'agit de proposer et de conduire les réformes nécessaires au groupement et à chacune des entités qui la composent, l'objectif immédiat étant de clarifier le fonctionnement du groupement », explique Marc Legrand, adhérent Intermarché du Nord et président d'Itme depuis deux ans.


Le holding chapeaute de fait un pôle industriel, avec 60 usines et le premier armement de pêche de France, un pôle immobilier, un pôle métiers avec quatre marchés bien identifiés, l'alimentaire (Intermarché et ses déclinaisons Netto), l'équipement de la maison (Bricomarché), l'automobile (Roady) et la restauration (Poivre Rouge) et, enfin, les fonctions support, dont la Stime, l'une des plus importantes SSII françaises (avec 800 personnes à Montrouge) ou encore la direction développement durable.


Antoine BOUDET, Les Echos, 04.02.2011
 

Dernières actualités