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Distribution: Intersport rapatrie sa production de l'Est

08.04.2014, source : Les Echos.fr

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Le site de Machecoul renaît grâce à Intersport, qui le met au coeur de sa stratégie vélo made in France.

La Manufacture Française du Cycle (MFC) tient sa feuille de route à Machecoul, en Loire-Atlantique. Un an après avoir acquis cette ancienne usine de vélos, le groupe Intersport compte y fabriquer cette année 241.000 vélos, plus que l’objectif initial de 200.000 unités. Mieux, sur « un marché atone », c’est une prévision de 300.000 bicyclettes qui est annoncée pour 2015, le seuil d’équilibre étant fixé à 280.000 unités. L’emploi devrait suivre. Intersport a conservé 175 des 270 salariés. En comptant les emplois temporaires, la MFC compte porter l’effectif à 315 salariés en 2015. C’est donc une véritable renaissance pour ce site que le groupe suédois Cycleurope avait mis en vente en 2012, après en avoir déposé le bilan. Le Conseil général de Loire-Atlantique avait auparavant contribué à la sauver en acquérant en 2007 les murs de cette usine, qui a jadis fabriqué, sous la marque Gitane, les vélos de Fignon, Hinault ou Anquetil.

En reprenant cette unité, Intersport fait le pari de rapatrier en France l’intégralité de sa production, jusque-là majoritairement délocalisée en Bulgarie, au Portugal et en Italie. Soit 140.000 unités environ. « L’objectif est de rapatrier toute la production de nos vélos à Machecoul dès 2014 », explique Jacky Rihouet, président d’Inter-sport France.

Montée en gamme

L’enjeu est de fournir son propre réseau de 600 magasins, qui écoulera l’essentiel des volumes, mais aussi de conserver et de conquérir des parts de marché auprès d’autres distributeurs dont Carrefour, Leclerc, Système U… L’ambition du groupe est de maîtriser une offre la plus large possible tout en montant en gamme, comme en témoigne le rachat récent de la marque française de VTT Sunn destinés au réseau de détaillants. Les marchés de niche font également partie de la stratégie du groupe, qui fabrique aussi des vélos électriques ou des « fixies », vélos urbains ultralégers, inspirés de ceux des coursiers américains. Certes, il s’agit là essentiellement d’assemblage : cadre, poignées, fourche, transmission, selle et autres accessoires sont importés.

Intersport a prévu d’investir 10 millions d’euros dans la mise à niveau de l’outil industriel. S’y ajoutera, d’ici à 2015, la construction d’un entrepôt de 12.000 mètres carrés, représentant un investissement de 8 millions d’euros. Car la logistique fait partie du projet. « Cela nous permettra de livrer nos clients en flux tendus », explique Yves Salaün, le directeur de l’usine.

Emmanuel GUIMARD, Les Echos, le 07/04/2014.

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