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Distribution : Intermarché se joue de la crise

12.06.2012, source : Les Echos.fr

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Avec des ventes en hausse de 7,9 % sur les quatre premiers mois de l’année, l’enseigne phare du groupement des Mousquetaires récolte les fruits de la refonte de son réseau.

Intermarché marque son grand retour dans la bataille des leaders de la distribution française. Philippe Manzoni, le président de ITM Alimentaire, a rendu publiques ce matin à Paris des performances qu’il qualifie d’ « historiques » et qui, de fait, détonne dans la morosité ambiante de la consommation. Pour l’année 2011, les magasins Intermarché ont réalisé un chiffre d’affaires de 19,2 milliards d’euros (26,7 milliards avec la vente de carburant), soit une progression de 3,1 % à nombre de points de vente constant. A titre de comparaison, l’an dernier, les ventes des hypermarchés Carrefour ont baissé de 3,4 % et celle des supermarchés de l’enseigne, réseau le plus comparable à celui d’Intermarché, n’ont progressé que de 0,3 %. Mais le chiffre le plus spectaculaire présenté par les Mousquetaires est celui de l’évolution des ventes lors des quatre premiers mois de 2012 : + 7,9 %, toujours en comparable ! Carrefour était globalement à - 3,1 % au premier trimestre.


« Un format gagnant »

Intermarché s’affiche, après plusieurs années de stagnation liée à des problèmes de gouvernance et de modélisation de leurs formats de magasins, comme l’acteur le plus offensif derrière Leclerc. A la mi-avril, en cumul annuel, selon le panéliste Kantar Worldpanel, l’enseigne a gagné 0,8 point de part de marché, à 13,7 %, contre un gain de 0,9 point pour Leclerc, à 18,5 %. Le groupement fondé par Jean-Pierre Le Roch confirme la surperformance des réseaux d’indépendants (Leclerc, Intermarché et Système U) sur le marché français de la distribution alimentaire.

Le plus frappant dans la performance d’Intermarché tient aux progressions de son parc d’hypermarchés (79 points de vente de 3.500 à 6.000 m 2 sur un total de 2.122), alors que le coeur historique de l’activité du réseau est constitué par les supermarchés (1.336). En 2011, les ventes des hypers, toujours en comparable et hors carburant, ont crû de 3,9 %, contre 2,5 % à 3,6 % pour les supers. Et depuis le début de l’année, les hypers sont à + 9 %, contre +7,9 % pour les supers. « Notre hypermarché de proximité est un format gagnant », résume Philippe Manzoni.

Ces chiffres illustrent les efforts effectués pour donner à chaque taille de magasin un concept propre et adapté à sa zone de chalandise. Une vraie révolution culturelle dans une organisation où tout a longtemps été pensé autour d’un concept unique de supermarché. Cinq formats ont été définis, du petit supermarché urbain Intermarché Express à l’hypermarché. Les gammes de produits ont été revues avec 1.700 références supplémentaires de produits de marques nationales en 2011 et le « category management », qui donne autant d’importance à la vente qu’à l’achat, a été introduit auprès des acheteurs. « Fort de ces performances et du ralliement d’Altis [un ex-franchisé de Carrefour situé dans le Sud-Ouest et comptant 19 magasins pour 400 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, NDLR] , qui a pris l’enseigne Intermarché en mai, nous confirmons notre objectif à trois ans de 15 % de part de marché », affirme le président d’ITM Alimentaire.


Philippe BERTRAND, Les Echos, le 08/06/2012

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