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Distribution : Intermarché poursuit en 2013 ses efforts sur les prix

11.02.2013, source : Les Echos.fr

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L’enseigne de distribution Intermarché a progressé de 4 % à surface comparable. Sa nouvelle stratégie multiformat s’avère payante.

Les Mousquetaires sont bien repartis de l’avant. Avec une progression de 7,4 % en France en 2012, en valeur absolue, à 20,5 milliards d’euros, Intermarché fait moins bien que Système U (+ 11 % ), mais mieux que son meilleur ennemi, Leclerc (+ 7 % ). L’enseigne phare du groupement de commerçants indépendants a gagné 0,7 point de part de marché sur un an et 1,3 point en trois ans. Le creux enregistré à la fin de la première décennie du siècle est ainsi effacé.

La stratégie initiée par la nouvelle direction en place depuis deux ans sous la houlette de Jean-Pierre Meunier, président de la Société civile des Mousquetaires (SCM), la structure faîtière du groupe, a porté ses fruits. Intermarché, qui compte 1.803 points de vente dans l’Hexagone, a longtemps pâti de l’application d’une politique commerciale uniforme. Depuis que chaque format de magasin - la proximité, les supermarchés et les (petits) hypermarchés - dispose de sa propre feuille de route, les « gros » adhérents ne sont plus tentés de rejoindre Leclerc. L’an passé, il n’y aurait eu que 5 départs (et pas forcément chez Leclerc).

Mais ce retour à une croissance forte s’explique aussi par la volonté d’écraser les prix. Le positionnement commercial d’Intermarché lui a permis une progression des ventes de 4 % à surface comparable. Aujourd’hui, les produits à marques propres de l’enseigne, moins onéreux que les produits à marques nationales, représentent 50 % des ventes en volume et 36 % en valeur.

« Dans le contexte difficile actuel, ces résultats nous apportent des signes positifs très forts et illustrent la pertinence de nos choix stratégiques basés sur notre politique de prix et de proximité », a expliqué hier Jean-Pierre Meunier lors de la première conférence de presse qu’il donnait depuis son élection.

Développement du « drive »

« En 2013, nous continuerons à mener une politique de prix sans concession », a-t-il poursuivi. Bien qu’ « attentif » à la conjoncture, le dirigeant pronostique une nouvelle croissance du chiffre d’affaires de 4 % à 5 % en 2013. Celle-ci sera toutefois portée aussi par la création de nouveaux mètres carrés de surface de vente. Le président de la SCM a indiqué le chiffre de 300.000, sans préciser la part qui revenait à la France.

Intermarché compte également accélérer fortement son développement sur le « drive » - qui permet de retirer en voiture les courses commandées sur Internet -, passant de 189 à 500 d’ici à la fin de l’année. L’enseigne ouvrira son premier « drive » solo (non accolé à un magasin) en février à Nemours. Jean-Pierre Meunier estime que le « drive » accolé « dégrade la rentabilité » du magasin parce que c’est le personnel qui va chercher les produits dans les rayons à la place du client. Il affirme, cependant, que, chez Intermarché, les clients de ce nouveau service apportent « un chiffre d’affaires additionnel », sans effet de cannibalisation.

Fort de ces bons résultats, le président de la SCM indique que la rentabilité de ses adhérents a été stable en 2012, voire en progression. Et ce, malgré les investissements réalisés dans les prix. « Aujourd’hui, a-t-il précisé, la quasi-totalité de la rentabilité provient de notre système de remises conditionnelles qui récompensent les adhérents respectant la politique commerciale de la centrale. »

Philippe BERTRAND, Les Echos, 08/02/2013

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