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Distribution: DIA bute sur un marché français trop compétitif

03.03.2014, source : Les Echos.fr

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La chaîne de hard-discount subit une baisse de 10,9 % de sa facturation en France. L’espagnol n’écarte pas de vendre la filiale.

Pari perdu : il y a un an, la chaîne de hard-discount Dia promettait un « traitement de choc » en France pour relancer ses ventes. Le groupe, séparé de Carrefour depuis 2011, misait sur l’implantation dans le pays de son modèle 2.0 avec une offre enrichie de produits frais, entre autres. Un an plus tard, le constat d’échec est évident : le cru 2013 a été bon à l’échelle du groupe, mais la filiale française ne participe toujours pas à la fête.

Les ventes en France ont accentué leur chute (- 10,9 % ), alors que pour le groupe - présent dans six pays --, elles ont progressé de 2,4 % à 11,5 milliards d’euros, et le bénéfice net ajusté a bondi (+ 11,7 % ) à 227,7 millions. L’excédent brut d’exploitation a gagné 4,3 %.

« En France, l’année a été mauvaise à cause de la baisse de l’activité à surface comparable mais aussi à cause des fermetures [23 fermetures, à 865 magasins, NDLR]  », a expliqué Ricardo Curras, le directeur général du groupe. « Le marché français est spécialement dur et compétitif. Tout le segment hard-discount souffre, et nous ne faisons pas exception », a-t-il ajouté. « Notre taille relative est insuffisante pour faire le poids dans le contexte actuel de guerre des prix. Certaines chaînes, en particulier Leclerc, ont lancé ce mouvement il y a quelques années, qui a eu un effet d’entraînement », a-t-il déploré.

360 millions d’euros d’investissements

Dans ce contexte, les rumeurs de vente de la filiale française, qui représente 19 % de la facturation du groupe, prennent corps… D’autant que l’an dernier, Dia a cédé pour 55 millions d’euros sa filiale turque, l’autre canard boiteux. Ricardo Curras n’a ni confirmé ni démenti : « Nous sommes ouverts à différentes options pour notre filiale, du moment qu’elles permettent de garantir la valeur du groupe. »

En attendant, Dia compte concentrer ses investissements et ouvertures dans ses autres marchés, et notamment les émergents (Shanghai, Brésil et Argentine). Le groupe veut aussi renforcer sa nouvelle chaîne de drogueries, Clarel, issue de l’intégration de la branche ibérique de Schlecker en 2013, et qui explique la hausse des ventes en Espagne et au Portugal, principaux marchés du groupe.

Une chaîne en expansion

En 2013, Dia a ouvert 318 supermarchés DIA. Il compte en ouvrir autant en 2014.
Le groupe espagnol a en outre intégré à son réseau 1 189 magasins de produits cosmétiques Clarel, issus de l'acquisition de la chaîne Schlecker pour 67 millions d'euros.
Dia a vendu sa filiale turque en 2013 et poursuit, en Chine, l'abandon progressif de Pékin initié en 2012 pour se centrer sur Shanghai.
L'investissement a augmenté de 9,1 % en 2013, à 361,8 millions d'euros, bénéficiant à tous ses marchés, sauf à la France où il a fondu de près de 50 %.
En Espagne et au Portugal, principaux marchés de Dia, le chiffre d'affaires a grimpé de 5,7 % à 5,2 milliards d'euros, grâce à l'intégration de Schlecker. Sans cela, les ventes auraient baissé de 3,3 %.

Gaëlle LUCAS, Les Echos, le 21/02/2014.

Correspondante à Madrid

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