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Distribution : des achats et une logistique de proximité optimisés

31.03.2011, source : Les Echos.fr

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Certaines enseignes achètent au plus près de leurs points de vente et déploient des efforts intenses pour optimiser les circuits logistiques de cette collecte de fourmis.


Certaines enseignes de la grande distribution accordent une grande importance aux achats de proximité. Système U est de celles-là. Organisé en quatre régions autonomes (ouest, est, nord et sud), ce groupe de distribution s'attache ainsi à se procurer les produits du terroir d'un grand nombre de petits fournisseurs locaux et régionaux. Tous produits confondus, ces derniers représentent au total 75 % des approvisionnements de l'enseigne, très présente dans les villes moyennes et dans le monde rural. La grande difficulté logistique est que ces fournisseurs sont très disséminés.


Les distributeurs qui font ce choix déploient donc, en même temps, de grands efforts pour massifier ces flux et optimiser leurs transports. Telle est la stratégie non seulement de Système U, mais aussi de Casino. Les deux enseignes ont adopté une démarche similaire de collecte de leurs fournisseurs départementaux et régionaux, au retour de leurs tournées de livraison de magasins. « L'idée est de réduire les kilomètres parcourus à vide de nos camions de retour de livraison et donc d'en limiter les coûts », indique Ronan Le Corre, directeur des opérations chez Système U Ouest. Cette région autonome de l'enseigne est un peu un précurseur de ce type d'action lancée début 2009 et qui vise à gagner 5 à 6 millions d'euros par an sur le coût du transport. « 60 % de notre flotte de 500 camions dédiés à la livraison de nos magasins dans le grand ouest de la France effectue le ramassage auprès des fournisseurs en retournant vers nos entrepôts dans la zone de chalandise des magasins. Ce ramassage en retour représente 2 millions de palettes par an, soit une économie de 20 000 tonnes de CO2 émis et un gain de 10 % sur le coût global du transport », souligne Ronan Le Corre.


Massifier le transport

Pour ce faire, Système U Ouest se sert des semi-remorques à double étage, qui livrent les magasins, en remplacement des camions traditionnels utilisés auparavant. Cette nouvelle flotte permet déjà de massifier le transport en aval de ses entrepôts vers ses magasins. « Nos véhicules peuvent retourner à plein, à moitié plein et moins encore. Mais déjà, sur nos livraisons de magasins, la massification de nos flux en semi-remorques complets entraîne 40 % de camions en moins sur les routes », précise Ronan Le Corre. Mieux, Système U Ouest peut optimiser sa collecte de petits fournisseurs en débordant sur ses régions limitrophes et faire ainsi des navettes interrégions. « On essaie de dupliquer la collecte et la massification sur d'autres régions », relève-t-il.


Casino s'est engagé dans une optimisation très comparable. « Nous voulons apporter une solution de transport à nos fournisseurs régionaux ou nationaux dans une logique de massification des flux et d'optimisation des moyens », affirme Rémi Auzanneau, directeur général d'Easydis, la filiale logistique de Casino. Sous l'égide de sa maison mère, Easydis a récemment mis en oeuvre son système de collectes régionales chez ses fournisseurs vers ses entrepôts centralisateurs en France, pays qui constitue « l'essentiel des approvisionnements du groupe ». Pour cela, Easydis s'appuie sur un maillage dense d'entrepôts (24 dans l'Hexagone) qui raccourcit les circuits logistiques entre les magasins et les fournisseurs. « Nous jouons sur notre capillarité logistique à proximité des zones de vente et de distribution », explique Philippe Enguix, son directeur transport.


Le « dernier kilomètre »

Comme Système U, Easydis se sert des retours de tournée de livraison pour optimiser les ramassages chez ses fournisseurs. « Chaque jour, les 2 000 camions qui livrent plus de 5 000 points de vente sont réutilisés pour la collecte des fournisseurs », ajoute Philippe Enguix. Pour cela, Easydis emploie également des véhicules double étage dont la capacité de chargement permet « d'enlever 250 camions par an sur les routes et de réduire de plus de 7 % les kilomètres parcourus ». Ce schéma a été mis en place pour les produits secs depuis janvier 2011. « La meilleure réponse à la logistique du "dernier kilomètre", qui pèse 20 % du coût logistique total d'un produit, passe par la réutilisation optimale des moyens de livraison », conclut le directeur transport.


Olivier NOYER, Les Echos, le 29.03.2011

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