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Distribution : Coop Alsace compte sur Leclerc et Casino pour sortir du rouge

30.12.2011, source : Les Echos.fr

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En perte, le distributeur se restructure et veut resserrer ses liens avec Leclerc pour ses hypermarchés et supermarchés, tout en s’adossant à Casino pour ses magasins de proximité.

Pour Christian Duvillet, l’ancien banquier du Crédit Agricole et patron de LCL jusqu’à la fin 2010, la course contre la montre est engagée. Sa priorité, maintenant qu’il a pris les rênes du groupe de distribution Coop Alsace (665 millions d’euros de chiffre d’affaires, près de 200 points de vente, 3.500 salariés) : stopper l’hémorragie des pertes, de l’ordre de 2 millions d’euros par mois, avec un passif de 120 millions d’euros accumulé en quatre ans par le groupe de distribution. A cet égard, un accord avec Casino - les deux groupes sont entrés en négociations exclusives - s’avère déterminant. « L’approvisionnement des quelque 150 magasins Coop de proximité par le groupe stéphanois, avec ses produits distributeurs, permettrait de réduire fortement les coûts, d’avoir 10 % de marge supplémentaire, ce qui assurerait un quasi-retour à l’équilibre », résume Christian Duvillet.

Concrètement, il est prévu de constituer une société spécifique, à 100 % Coop au départ, mais dont le capital serait progressivement ouvert à Casino. Très vite, les magasins pourraient même afficher la double enseigne. Reste qu’en Alsace, cette stratégie de sortie de crise ne fait pas l’unanimité. Ainsi, la toute jeune Association régionale de soutien aux Coop d’Alsace, présidée par Philippe Spitz, propose-t-elle la mise en place d’une SCIC, une société coopérative d’intérêt collectif, qui permettrait, dit-elle, de sauvegarder « l’esprit solidaire, d’indépendance, de proximité et d’humanisme contenu dans le statut coopératif actuel ». Resterait, évidemment, à trouver localement des investisseurs pour soutenir un tel projet, ce qui paraît assez aléatoire.


D’abord restructurer

S’il se félicite de l’élan de solidarité manifesté par cette association, Christian Duvillet considère qu’il faut d’abord restructurer le groupe. Ultérieurement, il ne verrait en revanche aucune objection à ce que Coop Alsace renforce ses fonds propres en faisant appel à l’épargne des sociétaires, ce qui exigera un visa de l’Autorité des marchés financiers. Mais dans l’immédiat, la restructuration est enclenchée : à la fois en constituant des sociétés spécifiques pour chaque activité, y compris une société foncière pour gérer le parc immobilier, en augmentant les heures d’ouverture des magasins et, surtout, en redéployant les moyens humains.


Le plan actuel, sur lequel le comité d’entreprise se prononcera le 12 janvier, concerne quelque 500 emplois, avec des départs volontaires et des mobilités internes, ainsi que 180 suppressions d’emplois liées à la réorganisation du parc des 150 magasins de proximité. Les syndicats s’inquiètent du manque de garanties, notamment sur la pérennité du gros pôle de distribution de Reichstett ou encore du pôle « boucherie ». Non seulement, ils s’opposent à l’ « option Casino », mais ils restent aussi dans l’expectative face aux engagements du nouveau président : celui-ci entend en effet se battre pour que les enseignes partenaires, Leclerc, dont l’enseigne a déjà été adoptée par les hypermarchés et supermarchés, et - sous réserve de finalisation de l’accord - Casino, s’approvisionnent aussi auprès des filières agroalimentaires alsaciennes, fournisseurs historiques de Coop Alsace, ainsi qu’auprès de ses propres ateliers. « Ainsi, un doublement des volumes traités par notre pôle boucherie lui permettrait, dit-il, de redevenir rentable. »


Christian LIENHARDT, Les Echos, 27/12/2011

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