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Distribution : Coop accélère sa mue en pleine tempête judiciaire

05.06.2012, source : Les Echos.fr

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La restructuration du distributeur autour de Leclerc et de Casino s’achève fin juin dans un climat morose alourdi par l’affaire du détournement de bons d’achats.

Après les élus du comité d’entreprise, la nouvelle direction du distributeur Coop Alsace vient de déposer plainte pour abus de biens sociaux, abus de confiance, escroquerie, faux et usages de faux. En cause : le détournement supposé d’au moins 1,2 million d’euros sous forme de bons d’achats de 100 euros encaissés en espèces, un système qui, selon l’audit mené en préalable, aurait été quasi institutionnalisé. Les soupçons se portent sur d’anciens dirigeants du groupe. Depuis la révélation de l’affaire, quatre administrateurs ont démissionné. Un climat délétère dont se serait bien passé l’ancien directeur général du Crédit Lyonnais, Christian Duvillet, appelé à la rescousse pour remettre ce groupe mutualiste à flot en sauvant 3.000 emplois.


« On s’est éloigné du précipice »

Pour autant, dit-il, « notre calendrier sera tenu ». Opérationnelle le 1 er juillet, une nouvelle société d’exploitation a déjà été créée pour gérer les 6 hypermarchés et les 23 supermarchés à l’enseigne Leclerc. Cette structure contrôlée par Coop pour 66 %, au côté de Scapalsace (groupe Leclerc), sera dirigée par Laurent Leclercq, venu de l’état-major du distributeur breton. Un groupe qui a en outre pris la majorité (60 % ) dans la société foncière propriétaire des murs, ce qui a amené de l’argent frais à un groupe coopératif qui avait accumulé plus de 120 millions de pertes en quatre ans. « On s’est éloigné du précipice », reconnaît Christian Duvillet, qui se montre aujourd’hui plus optimiste qu’il ne l’était, en particulier sur la pérennité de ses 144 magasins de proximité (600 salariés, 90 à 100 millions de chiffre d’affaires).

Si du côté des hypers et supermarchés, une branche qui emploie 2.000 salariés et réalise 600 millions de chiffre d’affaires, la croissance est revenue (+ 3,65 % sur les quatre premiers mois de 2012), le contexte s’avère plus périlleux dans les petits magasins qui resteront logés dans une société à 100 % Coop. Le retour à l’équilibre financier n’est attendu, au mieux, qu’à la mi-2014. L’accord avec le groupe Casino ne porte, en réalité, que sur l’approvisionnement de ces boutiques, qui resteront sous l’enseigne Point Coop. « Nous venons de tester le relookage de trois magasins et d’allonger les horaires d’ouverture. Avant l’été, la moitié de nos 144 magasins sera mise à ces standards », indique l’ancien banquier. Et, d’ici à la fin 2013, les responsables salariés de ces petits points de vente deviendront des gérants mandataires.


Cessions d’actifs

En attendant, le groupe va céder ses unités de boucherie et de charcuterie industrielles installées à Reichstett. L’atelier de boulangerie, qui n’a pas trouvé preneur, restera dans le groupe et approvisionnera les magasins de proximité. Quant à l’activité de « cash & carry » sous la marque Eurocash, elle serait déjà en cours de cession au profit de Coop Suisse. Seront également mis sur le marché, toujours dans un souci de désendettement, les diverses galeries marchandes que possède Coop Alsace et les bâtiments qui abritent ses magasins de proximité. Une restructuration sévère qui se traduit également par 409 départs volontaires avant la période estivale.


Christian LIENHARDT, Les Echos, le 04/05/2012

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