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Distribution : Casino remporte Monoprix mais devra céder des Franprix

14.07.2013, source : Les Echos.fr

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L’Autorité de la concurrence autorise le rachat par Casino des 50 % de Monoprix détenus par Galeries Lafayette. Casino devra céder quelque 55 supermarchés, mais aucun Monoprix.

Jean-Charles Naouri touche au but. Il y a un an, le président de Casino prenait le contrôle du brésilien Pao de Açucar et faisait basculer son groupe vers l’international et les pays émergents. Aujourd’hui, le patron du quatrième groupe de distribution français va consolider ses positions dans l’Hexagone. Avant Bourse aujourd’hui, l’Autorité de la concurrence et Casino devaient publier en effet un communiqué avalisant la prise de contrôle à 100 % du capital de Monoprix par Casino suite au rachat des 50 % détenus par les Galeries Lafayette.

Selon nos informations, en contrepartie de son accord, qui donne au groupe de Jean-Charles Naouri le contrôle exclusif de Monoprix dès ce jour, l’Autorité a finalement exigé la cession d’environ 55 points de vente. Aucun des 292 Monoprix n’est concerné (pas plus que les 74 Naturalia). C’est « l’ensemble du réseau du groupe » qui est mis à contribution, mais, pour l’essentiel, les enseignes de proximité Franprix et Monop, le format de proximité de Monoprix. Le gros des cessions devra, tout de même, être effectué à Paris, où l’Autorité de la concurrence avait déterminé dans son avis du 7 décembre 2010 une position dominante du groupe Casino, avec 60 % de part de marché en surface commerciale, loin devant Carrefour, qui suit avec 20 %. Ces cessions forcées pourraient fournir une occasion à Système U, Leclerc et Intermarché de prendre des positions dans la capitale.

Peu d’impact à l’échelle nationale

Si une cinquantaine de magasins sur les 550 contrôlés à Paris par le groupe sont certes concernés, les cessions n’auront cependant que très peu d’impact à l’échelle nationale pour ce distributeur qui compte 9.389 magasins tricolores. Cela ne représentera qu’une part infinétisimale du chiffre d’affaires de 42 milliards d’euros en 2012. « A peine, en surface, l’équivalent de deux hypermarchés », résume un expert.

L’acquisition des 50 % de Galeries Lafayette avait été annoncée le 29 juin 2012, au prix de 1,175 milliard d’euros, déterminé après une rude négociation entre les parties. L’opération pouvait être finalisée jusqu’au 30 octobre 2013. Le 13 mars, l’Autorité de la concurrence était saisie et, le 5 avril, Casino faisait porter la participation de 50 % par une filiale de Crédit Agricole Corporate & Investment Bank dans l’attente de la décision du gendarme de la concurrence.

Les résultats de Monoprix devraient être consolidés dans les comptes du groupe à partir d’avril. En 2012, Monoprix avait dégagé, pour un chiffre d’affaires de 4,2 milliards d’euros, un résultat opérationnel courant de 244 millions, soit presque la moitié du résultat des autres enseignes françaises du groupe stéphanois. Grâce à la spécificité de son mix-produit alliant alimentaire, produits de beauté et textile, l’enseigne fondée en 1932 par Max Heilbronn dégage une marge opérationnelle confortable de 6,1 %, contre 3,7 % pour l’ensemble du groupe dans l’Hexagone.

Cette acquisition parachève le reformatage de Casino, avec plus d’international et, en France, moins d’hypermarchés, plus de centre-ville et de proximité.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 10/07/2013

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