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Distribution : Casino ne peut éviter la guerre des prix en France

18.01.2013, source : Les Echos.fr

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Les enseignes françaises du distributeur sont en baisse. L’Amérique latine et l’Asie tirent le groupe vers le haut.

Nécessité fait loi. Alors que Casino s’est longtemps refusé à entrer dans la guerre des prix que se livrent la plupart des distributeurs français, afin de préserver ses marges et de réaliser préalablement des économies de coûts, son directeur financier a annoncé hier « une politique tarifaire ambitieuse en France ». Il faut dire qu’à l’exception de Monoprix et de Leader Price, qui sont stables, ses réseaux dans l’Hexagone affichent pour le quatrième trimestre 2012 de piètres performances. Les baisses des ventes à magasins comparables enregistrées au troisième trimestre (et déjà au deuxième) s’accélèrent et atteignent des niveaux très significatifs pour les hypermarchés Géant Casino (- 9,9 % ) et les Supermarchés Casino (- 6,1 % ). Pour Géant, l’hémorragie est d’autant plus grave qu’elle concerne également les produits alimentaires (- 7,6 % en comparable). Au total et en valeur absolue, l’activité française du groupe dirigé par Jean-Charles Naouri diminue de 3,1 % pour les trois derniers mois et de 1,6 % sur l’ensemble de l’année, à 18,44 milliards d’euros.

Selon Antoine Giscard d’Estaing, ces baisses du dernier trimestre, qu’il qualifie lui-même de « peu glorieuses », sont dues à la mauvaise conjoncture économique globale du pays, mais, surtout, à « une politique tarifaire plus agressive dans les hypers et les supers, qui a impacté le chiffre d’affaires » et dont les effets sur les ventes ne se feront sentir que dans « un ou deux trimestres ». « Plusieurs enseignes du groupe [dont Franprix, NDLR] ont baissé significativement leurs prix en marques propres et premiers prix, qui représentent plus de 40 % des ventes en volume », indique le communiqué publié hier après Bourse.

Selon le directeur financier, ces baisses seraient de l’ordre de 10 %. Le communiqué précise que, « selon un panéliste indépendant », les marques de distributeur et les premiers prix de Géant Casino sont à des indices prix respectifs de 95 et 96,6, sur une base 100 constituée par la moyenne nationale des magasins du même type.

Politique d’expansion

Pour contrecarrer la méforme des ventes à magasins comparables en France, Casino poursuit également une politique d’expansion volontariste. En 2012, 422 supérettes ont rejoint le groupe, ainsi que 18 Leader Price, 39 Franprix et 36 Monoprix ou Monop’. Le groupe est, en outre, en négociations avec le hard-discounter allemand Norma pour la reprise de 38 unités dans le Sud-Est.

Seule partition parfaitement exécutée dans l’orchestre hexagonal du distributeur stéphanois : le site d’e-commerce Cdiscount, qui affiche un insolent + 16 % au quatrième trimestre. Fort heureusement aussi pour Casino, depuis la prise de contrôle du brésilien GPA, la France ne consitue plus que 37 % du chiffre d’affaires du groupe (41,9 milliards en 2012, en hausse de 22 % en valeur absolue et de 4 % à périmètre constant), et les hypers Géant « à peine 10 % ». Et malgré un léger ralentissement de la croissance de la filiale brésilienne, liée à la baisse de l’inflation et à un effet de change défavorable, GPA progresse de 6,6 %. Avec la Colombie, la hausse en Amérique latine est de 5,5 % en comparable. L’Asie fait encore mieux (+ 9,2 % ) avec un remarquable + 12,4 % en Thaïlande. Fort de ces performances, Casino annonce une hausse de 25 % de son résultat opérationnel courant pour 2012.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 16/01/2013

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