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Distribution : Casino à la rescousse de Go Sport

10.10.2013, Information communiquée par l'enseigne

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Jean-Paul Onillon, patron de la centrale de Casino, prend la présidence de l'enseigne de distribution d'articles de sport Go Sport.

Nouvelle valse des têtes chez Go Sport. Quinze mois après sa nomination, Loïc Le Borgne quitte son poste de PDG. L’ancien dirigeant de la chaîne de vêtements Kiabi succédait lui-même à François Neukirch arrivé en 2007. Il est remplacé par un binôme. Jean-Paul Onillon, patron de la centrale Casino, prend la présidence du conseil d’administration du petit groupe qui rassemble les réseaux Go Sport et Courir. La direction générale sera assurée par André Ségura, qui occupait les mêmes fonctions chez Courir.

Selon le site spécialisé de référence Sport-guide.com, la nouvelle équipe va « sans doute redonner à l’enseigne Go Sport son positionnement "d’écrin des marques" et remobiliser les troupes autour d’un projet simple ». Des troupes qui n’auraient pas partagé la stratégie de petits prix de Loïc Le Borgne, d’autant moins que celle-ci a été aussitôt contrée par Décathlon, leader du marché avec un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros, contre 675 millions pour Go Sport.

La rentrée n’a pas été bonne et au cours du premier semestre 2013, l’enseigne a vu ses ventes baisser en France de 5,8 %  à magasins comparables (contre une hausse de 1,3 % pour Courir). La première moitié de l’année s’est conclue sur une perte opérationnelle courante de 16,5 millions d’euros, encore creusée par rapport au déficit de 13,7 millions enregistré lors de la même période de 2012. La baisse des prix, et donc de la marge, n’a pas été compensée par la hausse des volumes.

Une solution qui sonne comme une reprise en main

La nomination de Jean-Paul Onillon, qui connaît bien le sport pour avoir été directeur général de Sport 2000 et conserve ses fonctions actuelles de directeur général exécutif d’EMC, la centrale d’achat de Casino, traduit une reprise en main de l’enseigne de sport par Casino, les deux groupes étant contrôlés par Rallye, le holding des activités de distribution de Jean-Charles Naouri. Elle intervient quelques semaines après l’arrivée chez Go Sport, pour gérer l’offre produits, de Vanessa Ekindjian-Echoukry, elle aussi issue d’EMC.

Une solution qui sonne comme celle de la dernière chance pour une entreprise au parcours toujours chaotique, qui a replongé dans le rouge en 2011, a réalisé une augmentation de capital de 30 millions d’euros en 2012 et affichait encore à la fin de l’année dernière une dette de 100 millions. L’action de Groupe Go Sport a perdu 92 % de sa valeur en cinq ans, à 2,51 euros, le 7 octobre 2013. Et la capitalisation boursière n’est plus que de 28 millions d’euros.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 08/10/2013

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