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Distribution : Auchan ne cesse d'investir pour soutenir sa croissance

23.03.2013, source : Les Echos.fr

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Les ventes d’Auchan ont progressé de 5,8 % en 2012 grâce l’expansion internationale. En France, l’activité des hypermarchés croît péniblement de 0,3 %.

Deuxième distributeur français à l’étranger, derrière Carrefour, mais devant Casino, avec 57 % de son chiffre d’affaires (46,9 milliards d’euros en 2012) réalisé hors de France, Auchan est sauvé de la crise par sa dimension internationale. Mais au prix d’investissements qui pèsent sur ses résultats financiers.

Si les ventes globales progressent de 5,8 % par rapport à l’an passé, c’est uniquement grâce à la progression de 16,8 % enregistrée en Europe de l’Est et en Asie. L’activité n’a progressé que de 1,2 % dans la zone euro. Dans le détail de cette dernière, la France a crû de 2,2 %, mais l’ensemble Italie, Espagne et Portugal a baissé de 0,7 %. A l’inverse, les ventes de la filiale chinoise à 51 % Sun Art ont progressé de 14 % en valeur absolue, à 9,7 milliards d’euros, et de 3,2 % en comparable.

Partout, c’est surtout l’expansion qui a tiré le chiffre d’affaires l’an passé : le distributeur nordiste a ouvert 56 hypermarchés, dont 43 en Chine et 11 en Europe de l’Est, auxquels il faut ajouter 7 magasins rachetés à Cora en Hongrie. Du côté des supermarchés, si le parc global a été restructuré avec 23 fermetures et cessions, 33 nouveaux points de vente Atac ont été inaugurés en Russie. « Malgré une situation économique encore difficile en Europe, Groupe Auchan a réussi à enregistrer une progression notable de son chiffre d’affaires », a commenté le président du conseil d’administration Vianney Mulliez dans un communiqué publié hier.

En l’absence d’ouverture en France en 2012, les 126 hypermarchés de l’Hexagone ont vu leurs ventes progresser de 0,7 % hors essence, presque un exploit quand celles de Carrefour ont baissé de 2 % et celles des Géant de Casino de 7,7 %. Sans l’ouverture de 21 points de collecte dits « drive » (sur un total de 68), l’activité aurait été quasi stable, à +0,3 %. Devant la presse, hier au siège de Croix, dans le Nord, Vincent Mignot, le directeur général d’Auchan France, a reconnu que « les hypers souffraient du non-alimentaire, objet d’arbitrages ».

Auchan n’en a pas moins continué à investir, avec une enveloppe en hausse de 16 % , à 1,9 milliard d’euros. Cela explique, en partie, la légère baisse de résultat d’exploitation courant (-3,4 %, à 1,19 milliard) malgré la bonne tenue de l’exédent brut d’exploitation (+ 6,9 %, à 2,5 milliards). Si l’on ajoute à cela 110 millions de dépréciations d’actifs essentiellement liées, selon le directeur financier Xavier de Mézerac, aux hypermarchés italiens, on aboutit à un résultat net part du groupe en baisse de 19 %, à 656 millions d’euros, « soit une rentabilité de 1,5 % ».

Efficacité et rentabilité

Autre conséquence financière de l’expansion : la hausse de 41 % de la dette, à 3,16 milliards. On comprend pourquoi, dans son rapport d’activité 2012, le groupe se donne pour ambition à venir : « Améliorer significativement notre efficacité et notre rentabilité. » Le développement n’en restera pas moins d’actualité en 2013 avec la clôture du rachat des 91 hypers Real de Metro en Europe de l’Est pour 1,1 milliard, l’ouverture de deux hypers (Epinay et Roissy) et de 30 « drive » en France ainsi que le début d’un programme de 70 créations ou extensions de centres commerciaux au niveau international dans les trois ans.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 20/03/2013

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