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Distribution alimentaire : Casino dopé par le Brésil et Monoprix

28.07.2013, source : Les Echos.fr

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Le distributeur alimentaire Casino tire profit des fortes marges de ses acquisitions, notamment de celle de Monoprix racheté aux Galeries Lafayette.

Au premier semestre, Casino a tiré le plein profit de sa croissance externe. La consolidation à 100 % de Grupo Pao de Açucar (GPA) au Brésil et de Monoprix en France, dope ses résultats. Le chiffre d’affaires consolidé bondit de 37 %, à 23,76 milliards d’euros et l’Ebitda de 45 %, à 1,45 milliard. Le résultat net s’établit, lui, à 594 millions, contre 125 millions, au premier semestre 2012, dont 193 en part du groupe, compte tenu des minoritaires.

Avec 60 % de ses ventes réalisées à l’international, Casino est désormais une entreprise mondiale, « française en France, brésilienne au Brésil, thaïlandaise en Thaïlande », selon l’expression de son PDG, Jean-Charles Naouri. Avec des progressions respectives, au cours des trois derniers mois, de 10,3 % en Amérique latine (Brésil, Colombie, Uruguay) et de 9,9 % en Asie (Thaïlande et Vietnam), des taux supérieurs à ceux enregistrés au premier trimestre, le distributeur ne connaît pas les effets du ralentissement de la croissance dans les émergents. Sur le moyen et long terme, le PDG n’est pas plus inquiet : « La croissance ralentit un peu, mais restera, disent les économistes, largement positive [...]. Quant au Brésil, l’appétit de consommation reste intact. Le gouvernement a pris des mesures favorisant la consommation. » En termes de résultat opérationnel, l’international représente désormais 74 % du total, grâce à un taux de marge de 4,9 % nettement supérieur à celui enregistré en France (2,8 % ). Dans l’Hexagone, Monoprix apporte 100 millions sur le semestre (pour une consolidation limitée au deuxième trimestre) sur un total de 254 millions, et avec une marge de 6,6 %, contre 1,6 % pour Casino France et de 3,1 % pour Franprix et Leader Price (FPLP).

Si la robustesse de la marge de l’ensemble FPLP compense, aux yeux du PDG, la baisse de 3,6 % des ventes, en organique, au deuxième trimestre, tel n’est pas le cas des supermarchés Casino et hypers Géant Casino qui chutent encore de 5,7 % et 7,9 %. Mais pour ces derniers, la baisse des prix engagée, qui a coûté 35 millions d’euros de résultat opérationnel, a été largement compensée par les 140 millions d’économies réalisées au sein des entités françaises. Et le PDG de Casino a confirmé « l’objectif de retour à un trafic et à des volumes alimentaires positifs en fin d’année ». On notera, toutefois, qu’une fois encore toutes les enseignes françaises, hormis Monoprix, ont été en négatif à surface comparable au deuxième trimestre. Parmi les projets, les dirigeants ont insisté sur le développement des galeries marchandes et d’e-commerce à l’international, et le projet de cotation de Viavarejo, la filiale non-alimentaire de GPA. Le groupe a confirmé ses objectifs.

Philippe BERTRAND, Les Echos, 26/07/2013

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