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Distribution : Abilio Diniz, le partenaire de Casino au Brésil, sous les feux de la rampe

27.05.2011, Information communiquée par l'enseigne

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Le patron du leader de la distribution brésilienne, Grupo Pão de Açúcar, et associé de Jean-Charles Naouri se retrouve, depuis l'évocation d'un éventuel projet de rapprochement avec la filiale locale de Carrefour, sur le devant de la scène.


Après avoir révolutionné la distribution brésilienne, Abilio Diniz va-t-il bouleverser la distribution française ? Le patron de Grupo Pão de Açúcar (GPA, 13,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires), le numéro un du commerce de détail au Brésil, s'est invité dans l'actualité française depuis dimanche, date de la révélétion par « Le Journal du dimanche » d'un hypothétique projet de rapprochement avec la filiale brésilienne de Carrefour, lequel pourrait se traduire par une entrée de la huitième fortune brésilienne au capital du groupe français.


Séduisant, le scénario se heurte toutefois à la solidité juridique des accords qui nouent depuis 2005 le groupe Diniz au français Casino. Les deux parties détiennent à parité les droits de vote dans le holding qui contrôle GPA et, par ailleurs, Casino dispose d'une option qui lui permettra l'année prochaine de prendre, pour le seul rachat d'une action, le contrôle de l'ensemble et de choisir le président, qui est aujourd'hui Abilio Diniz. Dans un courrier adressé à la direction de Carrefour et cité par « Le Figaro » mardi, Jean-Charles Naouri, le PDG de Casino, n'a pas manqué de rappeler que « les droits de Casino sont parfaitement établis » et que rien ne peut se décider sans lui.


Septuagénaire, Abilio Diniz pourrait légitimement aspirer à une paisible retraite auprès de ses enfants en bas âge, après une carrière bien remplie, qui l'a vu notamment sauver l'entreprise familiale de la faillite avant de la propulser vers les sommets.


Un homme de pouvoir

Mais celui qui est une vedette au Brésil, proche de l'ancien président Lula et de son successeur, Dilma Rousseff, est avant tout un homme de pouvoir. Selon nos informations, les contacts pris avec Carrefour seraient bien réels et auraient été effectués par le biais de la banque d'affaires Estater... sans que l'on sache exactement qui en a été l'initiateur. Mais ils n'auraient pas dépassé le stade de la prise de rendez-vous. Si, selon un expert, l'entrée d'un professionnel de la distribution au capital de Carrefour pourrait constituer un signal positif pour l'avenir du groupe, celle-ci ne pourrait se faire qu'après un rapprochement des activités brésiliennes des parties. Une opération qui pourrait permettre à Carrefour de finir de régler les récents problèmes de sa filiale. Or, l'obstacle Casino paraît infranchissable à tous les analystes. « Abilio Diniz, qui s'est engagé à respecter les accords signés, a peut-être été pris par le vertige d'un projet qu'on a pu lui suggérer et qui aurait pu lui donner le sentiment d'être encore pour un moment un acteur puissant du secteur », avance un observateur.


Philippe BERTRAND, Les Echos, le 25.05.2011

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