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Distribution : à Paris, le nombre de supérettes a grimpé de 77 % en dix ans

09.02.2011, source : Les Echos.fr

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Alors que le nombre de commerces de bouche spécialisés baisse dans la capitale depuis dix ans, celui des petits supermarchés de 400 m² a explosé.


L'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) vient de publier sur son site l'intégralité de son étude sur la grande distribution alimentaire à Paris, datée de janvier 2011. Une enquête dont il avait extrait quelques données fin 2010 pour justifier la saisine de l'Autorité de la concurrence par la Ville de Paris sur le sujet de la position dominante du groupe Casino, qui avec ses enseignes Petit Casino, Casino, Leader Price, Franprix et Monoprix (dont il possède 50 % ) détient 60 % des surfaces de vente, pour environ 40 % de part de marché.


Le document, nourri par la Banque de données sur le commerce (BDCom), indique clairement que les courbes des commerces spécialisés (boulangeries, boucheries, primeurs, poissonneries, crémeries...) et celles des magasins généralistes (supérettes, supermarchés, hypermarchés) se croisent depuis dix ans. Si le nombre de poissonneries, crémeries et primeurs ne diminue que très légèrement, celui des boucheries chute, passant de 900 à un peu plus de 600, et celui des boulangeries baisse de quelques dizaines d'unités, tout en restant au-dessus de la barre des 1.200.


Du côté de la grande distribution, la tendance est inverse. Certes, le nombre d'hypermarchés reste à 3, les emplacements de plus de 2.500 m² au coeur de la capitale restant rares. Même stabilité pour les supermarchés (de 400 à 2.500 m²), qui passent de 247 à 251, et les magasins populaires (Monoprix) qui ne gagnent que 8 unités de 2000 à 2010. Ce sont, en réalité, les supérettes qui explosent avec une hausse de 77 % en dix ans, à 364 unités aujourd'hui. L'Apur note une pause dans ce boum de 2007 à 2010, « sans doute reliée à la crise ». Mais celle-ci s'efface et l'expansion menée par Carrefour, Auchan et les indépendants (Intermarché et Système U notamment) devraient donner un nouvel élan à cette tendance.


La proie des grands groupes

Globalement, les artisans détiennent 250.000 m² de surface de vente contre 400.000 m² pour les magasins généralistes. Dans le détail, les points de vente de la sphère Casino sont aujourd'hui 398, contre 156 pour ceux de la galaxie Carrefour, le principal challenger du groupe stéphanois à Paris. L'Apur souligne la « stratégie payante » de Casino, qui a augmenté de 50 % le nombre de ses Franprix (277), enseigne rachetée en 1997 à la famille Baud.


L'enquête indique par ailleurs que « la part de Picard sur le marché des surgelés est passée entre 2002 et 2008 de 13,2 % à 20 % ».


Faut-il pour autant parler de razzia des grandes enseignes sur le commerce alimentaire parisien ? L'Apur signale qu'en 2007 ces dernières ne géraient que 8 % des quelque 1.000 magasins dits d'alimentation générale (les épiciers « du coin » de moins de 120 m²). Mais, comme l'indique la création du concept A 2 Pas par Auchan, format réservé aux indépendants, ce vivier-là est aussi la proie des grands groupes.


Philippe BERTRAND, Les Echos, 08.02.2011
 

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