Développement : formation de masse chez Burger King

2017-07-26T13:43:00+02:00

26.07.2017, 


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Après avoir avalé Quick, Groupe Bertrand veut faire de Burger King le challenger de McDonald’s. Visant les 600 restaurants en 2020, BK embauchera et formera d’ici là 20 000 personnes.

Burger King a les dents longues et beaucoup d’appétit. Le Groupe Bertrand, qui détient la franchise exclusive de cette enseigne pour la France, espère ouvrir 600 restaurants BK d’ici à 2020 pour être en mesure de mordre sur les terres de McDonald’s. Mais Jérôme Tafani, vice-président et directeur général de Burger King France & Quick, est loin du compte. Son parc de restaurants compte 455 adresses : 150 Burger King et 305 Quick - acquis par Groupe Bertrand - mais... à convertir en BK.

Malgré l’ampleur de la tâche, l’ex-dirigeant de McDonald’s est serein. Son plan est arrêté. La conversion des Quick en Burger King, qui lui permettra d’accélérer le déploiement du réseau, va s’opérer au rythme de 70 à 90 changements d’enseigne chaque année. Outre les retouches de décoration et de carte - pour un coût moyen de 1,4 million d’euros par site -, il lui faudra former les équipiers aux méthodes Burger King en matière d’assemblage de sandwichs, de prise de commandes, d’encaissement et de service. Au total, 12 000 salariés de Quick vont changer de boîte sans impact sur leur fiche de paie ni sur leur ancienneté. Cette dernière enseigne fonctionnant avec une équipe de 30 salariés contre 80 a minima pour un BK, quelque 50 CDI sont recrutés en sus par restaurant pour opérer les roulements.

Là non plus, les difficultés de sourcing ne semblent pas assaillir le dirigeant alors que ses homologues se plaignent de la pénurie de compétences. « Bien que l’emploi de services soit insuffisamment et injustement considéré en France, les équipiers poussent notre porte sachant que le groupe cherche plus des capacités (réactivité, initiative, relation client) que des connaissances », constate Jérôme Tafani. « Par ailleurs, le développement constant du réseau offre des perspectives. Les équipiers motivés évoluent rapidement vers la fonction de manager et parfois de directeur de restaurant. »

12 000 nouveaux contrats en 2016

Pour l’enseigne de restauration rapide, le travail du dimanche ou du soir ne constitue pas non plus un frein à l’embauche. Ses équipiers, en majorité des étudiants et des jeunes mamans, cherchent des temps partiels et des horaires décalés. « La réticence serait plutôt de travailler à contre-phase, de mener une activité forte lorsque l’activité est faible. » Autrement dit, de se voir mobilisé les jours fériés et durant les ponts alors que leurs proches sont de repos. « L’exigence de ces nouvelles générations serait plutôt un droit de regard sur la gestion du temps de travail, auquel nous nous employons à répondre. »

Les chiffres égrainés donnent le tournis. Pour la seule année 2016, le groupe a créé 4 500 CDI, mais signé au total 12 000 nouveaux contrats. Cette année, le compteur devrait se bloquer sur 16 000 recrutements - dont 6 500 emplois net créés, un rythme à soutenir jusqu’en 2020. L’ouverture des 30 à 40 nouvelles unités Burger King annuelles - des franchisés pour la plupart - permettra d’atteindre les restaurants visés en France. A la clef, 20 000 nouveaux emplois créés pour doubler le chiffre d’affaires et atteindre les 2 milliards d’euros.

D’ici là, le plan de formation est pantagruélique. Si deux semaines suffisent à mettre un équipier dans le bain, neuf semaines sont nécessaires pour dispenser aux managers des restaurants le b.a-ba : gestion des stocks, reporting, staffing et surtout le nerf de la guerre, l’anticipation des plannings pour faire face au turnover. Cette année, 900 responsables et directeurs de restaurant passeront par le centre de formation installé à Francheville, près de Lyon, sur un site désaffecté. « Deux restaurants écoles avec de vraies cuisines et de belles salles - mais sans consommateurs - tournent non stop pour absorber ce volume », explique Jérôme Tafani.

Pour partager cette facture astronomique, Burger King travaille avec plusieurs organismes d’aide à la formation et à la reconversion, dont Agefos PME. Des accords-cadres sont aussi conclus avec les régions permettant aux franchisés - dont la part atteindra 80 % d’ici à 2020, contre 65 % aujourd’hui - de bénéficier de subventions. Le plan bien rodé de BK s’appuie aussi sur les projets politiques de revitalisation des territoires et de lutte contre les déserts commerciaux.

Marie-Sophie RAMSPACHER, Les Echos Business, le 10/07/2017

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