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Développement durable : les entreprises s'accrochent

23.03.2010, source : Les Echos.fr

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En dépit de la crise économique et des avancées insuffisantes accomplies au sommet de Copenhague sur la lutte contre le changement climatique, les entreprises ne baissent pas la garde sur le développement durable. Le « baromètre sur les entreprises et le développement durable » réalisé pour la conférence Federe organisée aujourd'hui par « Les Echos » montre même un approfondissement de la réflexion sur le sujet, les entreprises n'attendant plus seulement de leur engagement une amélioration de leur image, mais aussi un vecteur d'innovations. A la question, « la crise financière a-t-elle freiné l'engagement de votre entreprise dans le développement durable », 52 % des 200 responsables interrogés répondent par la négative, et 31 % soulignent qu'au contraire, cela l'a renforcé. D'autant plus que 82 % d'entre eux se déclarent concernés par le Grenelle de l'environnement. Un Grenelle qui prône l'obligation pour toutes les entreprises de plus de 500 personnes d'établir un bilan carbone, qui plaide pour la création de la taxe carbone, ou qui étudie la faisabilité d'étendre aux PME l'obligation annuelle de faire des rapports sociaux et environnementaux.

Par rapport aux précédents baromètres, celui de 2010 montre que les entreprises ont franchi un cap : si la réduction des dépenses d'énergie, la baisse des émissions de CO2 et le développement du recyclage restent leurs actions prioritaires (92 % des grandes entreprises ont commencé à dresser leur bilan carbone, 45 % des entreprises de 500 à 1.000 salariés) elles s'attachent désormais aussi aux enjeux sociaux, comme le respect des droits de l'homme et l'action contre les discriminations. Est-ce le poids des nouvelles législations pour lutter contre les handicaps, pour la parité salariale entre les hommes et les femmes ou la conséquence de l'action médiatisée de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde)? « Sans doute, mais c'est aussi la simple conséquence de la création de direction du développement durable qui ose à présent parler social face à la direction des ressources humaines », analyse Muriel Humbertjean de TNS-Sofres, en charge du questionnaire.

D'ailleurs, les entreprises ne font plus du développement durable de peur d'être attaquée par les ONG, mais « pour leurs salariés et leurs clients ». A l'heure où la fidélité des salariés vacille, le développement durable devient un outil non salarial pour motiver ses troupes. Mais elles sont encore minoritaires (18 % ) à inclure des critères de développement durable dans l'évaluation et la rémunération de leurs managers. Quand elles le font, cela porte souvent sur une part infime du bonus annuel. Autre point faible : la pression des milieux financiers sur les impératifs de développement durable, déjà faible, diminue. Le jour où le cours de Bourse reflétera le sérieux des engagements dans le développement durable n'est pas arrivé.

A. B., Les Echos, 23.03.2010

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