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Développement durable : l'éclairage en pointe pour les enseignes de bricolage

05.12.2010, source : Les Echos.fr

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Chez Castorama, le client économise l'énergie en changeant ses ampoules.


En dépit des récents reniements du Grenelle de l'environnement et notamment de la baisse des subventions accordées aux panneaux photovoltaïques, les économies d'énergie ou les énergies nouvelles constituent un marché en croissance pour les professionnels du bricolage. Selon Remy Dassant, spécialiste des études pour l'Unibal (Union nationale des industriels du bricolage et de l'aménagement du logement), la part des ventes de ce type de produits est difficile à établir : « Selon qu'il s'agit d'isolation, d'éclairage ou d'économies d'eau, les articles sont éclatés dans beaucoup de rayons. » Pour l'expert, cela représente cependant déjà un peu moins de 10 % du chiffre d'affaires du secteur.


A défaut d'espace dédié, les enseignes organisent tout de même leur marketing autour de cette tendance. Chez Castorama, leader de la distribution de matériel de bricolage avec Leroy- Merlin, on a inventé le label La Maison éco qui identifie chaque produit censé être « écologique ». Une direction responsabilité sociale et environnementale a été créée il y a un an. Le département de la centrale d'achats consacré aux produits dits verts lui a été rattaché. Quelque 6.000 références éco sont aujourd'hui offertes au public, ce qui représente 15 % du chiffre d'affaires de l'enseigne (2,6 milliards d'euros en 2009). Si les peintures préservant la santé et le bois exotique certifié intéressent les consommateurs, ce sont bien les produits permettant des économies d'énergie qui tirent le marché et notamment les ampoules fluo-compactes, les leds et les éco-halogènes. Logique, quand on sait que la réglementation interdit désormais la vente des ampoules classiques à filament.


Un prix souvent dissuasif

Globalement, chez Casto comme ailleurs, le prix est le premier frein au développement de ce marché. C'est ce qu'affirment 70 % des personnes sondées pour l'enseigne par l'Ifop. Il faut enseigner aux consommateurs le calcul du retour sur investissement. Autre frein : la nécessité de faire réaliser l'installation par un professionnel. « C'est la raison pour laquelle en matière de panneaux photovoltaïques nous ne proposons qu'une offre d'appoint », explique Pierre Royer, responsable de l'offre développement durable chez Castorama.


Un saut rapide chez les distributeurs de matériel aux professionnels, et non plus cette fois aux particuliers, confirme la tendance. Chez Rexel, spécialiste en électricité, l'éclairage basse consommation représentait déjà en 2009 160 millions d'euros de chiffre d'affaires, soit 40 % de plus qu'en 2008. « Le "lighting retrofit" [la rénovation de l'éclairage, NDLR] est le premier pas vers une démarche d'économies d'énergie », explique Pascal Martin. Au Canada, à la demande du fournisseur d'énergie Toronto Hydro, Rexel a notamment piloté l'installation d'ampoules économiques dans 50.000 boutiques.


Philippe BERTRAND, Les Echos, 01.12.2010

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