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Développement durable : Eco-Mobilier recycle les meubles

02.12.2012, source : Les Echos.fr

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Eco-Mobilier démarre en passant des contrats avec les collectivités. Ces dernières vont devoir s’organiser pour accueillir le mobilier à recycler.

C’est le petit dernier des éco-organismes. Créé et financé par 24 industriels et distributeurs de mobiliers, il devait recevoir ces jours-ci l’agrément du gouvernement après de deux ans de gestation. Avec des volumes à traiter considérables, puisque chaque personne jette en moyenne 26 kilos de vieux meubles, soit un total de 1,7 million de tonnes, dont, selon l’Ademe, seulement un quart sont recyclés via les déchetteries.

Tout l’enjeu est donc de collaborer avec les collectivités sur lesquelles cet éco-organisme va s’appuyer. La principale difficulté consiste à trouver de la place dans les déchetteries. Ce qui signifie installer une nouvelle benne quand bien des sites manquent déjà de place. Avec, à la clef, un soutien financier selon deux scénarios. Dans le premier scénario, financier, la collectivité prendra en charge le traitement et se verra rétribuée par Eco-Mobilier selon la qualité de ce tri et du recyclage. Dans le second, opérationnel, identique à celui des déchets électriques (DEEE), c’est l’éco-organisme qui viendra récupérer les meubles dans les bennes situées dans les déchetteries. La collectivité étant indemnisée pour ses coûts de collecte.

Industrialiser la filière

Eco-Mobilier fait clairement connaître sa préférence, sachant que le premier scénario a été imposé par le gouvernement. « Nous privilégions la seconde solution, qui nous permettra d’industrialiser la filière grâce à l’augmentation des déchets. Ce qui nous permettra de nous engager sur des volumes vis-à-vis des prestataires », explique Dominique Mignon, directrice générale d’Eco-Mobilier. Selon elle, ce sera aussi le choix d’une majorité de collectivités. Hubert Martin, directeur général du Sydom dans le Jura, a déjà comparé les deux systèmes : « Avec la première solution, le soutien financier ne couvrira pas les frais, alors que, avec la seconde, Eco-Mobilier supportera tout et versera un petit soutien. »

Cela peut représenter des retombées financières importantes pour les collectivités, puisque le coût de la filière pourrait aller jusqu’à 300 millions d’euros, si toutes les collectivités étaient partenaires de la filière. Alors que seuls 25 % des vieux meubles sont aujourd’hui recyclés, l’objectif est d’arriver à 80 % à l’horizon 2017, dont 45 % de recyclage. Eco-Mobilier s’engage d’ailleurs à soutenir financièrement les acteurs de l’économie sociale et solidaire comme Emmaüs, qui recueille déjà 4 % des vieux meubles et favorise leur réemploi. Avec la volonté d’augmenter de 50 % la quantité de ces meubles.

Améliorer le recyclage implique pour la filière de favoriser l’écoconception. Eco-Mobilier se donne deux ans pour étudier « les critères de modulation de la contribution pour tenir compte de l’écoconception des produits et l’impact sur le recyclage et la valorisation », précise Emmanuel Mignon. L’agrément du gouvernement prévoyant une mise en oeuvre d’ici à 2015.

Frank NIEDERCORN, Les Echos, 28/11/2012

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