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Dans une rentrée chahutée, les entreprises s'inquiètent des signes de restriction du crédit

20.09.2011, source : Les Echos.fr

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Les représentants des entreprises mettent en garde contre un durcissement des conditions d’accès au crédit. A ce stade, le gouvernement n’envisage pas d’imposer aux banques de nouveaux objectifs de progression du crédit, indiquait-on hier dans l’entourage du chef de l’Etat.

C’est l’angoisse de toutes les entreprises en cette période de rentrée : que les banques ajoutent au ralentissement de l’activité un durcissement de leurs conditions de crédit. Vendredi, sur France Info, Laurence Parisot a indiqué qu’il y avait « quelques microsignes » de resserrement du crédit aux entreprises, « mais pas plus que ça ». Selon l’enquête de l’Afte-COE Rexecode également publiée vendredi, l’indicateur sur la trésorerie dans les grandes entreprises affiche tout de même « une forte détérioration entre juillet et septembre » , tandis que « la recherche de financements est jugée plus difficile en septembre qu’avant l’été ». « Il y avait déjà des tensions avant août. Mais c’est parce que les banques regardent les bilans 2010 des entreprises. Or ceux-ci étaient encore dégradés », analyse un représentant de l’industrie.

Les dernières statistiques disponibles ne sont pas alarmistes. « Les banques ont augmenté leurs crédits à l’économie d’une manière assez régulière. Les derniers chiffres sont plutôt rassurants, on est à + 4 %  », a reconnu Laurence Parisot. Le nombre de dossiers acceptés en médiation du crédit a aussi continué à baisser au deuxième trimestre, avec plus de deux fois moins de dossiers acceptés en juin sur un an. Les représentants des entreprises prennent donc surtout les devants pour éviter que ne se reproduise le scénario de 2008, lorsqu’au climat de crainte s’étaient ajoutées des restrictions sur la distribution de crédit. Dans un échange de courriers avec la Fédération bancaire française cet été, la CGPME a rappelé les banques à leurs engagements, notamment en matière de délais de traitement des dossiers. Elle publiera le 11 octobre son baromètre sur l’évolution des financements, mais, dès la semaine dernière, l’organisation patronale a dit à l’Etat que s’il devait à nouveau venir au secours des banques, elle réclamerait des contraintes chiffrées sur la distribution du crédit aux TPE et PME.


Réunion demain

Dans l’entourage du chef de l’Etat, on indiquait hier qu’il n’était pas envisagé, à ce stade, d’imposer de nouvel objectif de progression des crédits aux entreprises, comme cela avait été fait en 2009. Les banques « savent » qu’elles ne doivent pas ralentir l’accès au crédit, a indiqué hier, sur Europe 1, le ministre de l’Economie François Baroin. Il présidera néanmoins une réunion, demain à Bercy, avec le secrétaire d’Etat aux PME Frédéric Lefebvre, sur l’accès au financement des TPE et des PME. Elle sera également l’occasion de faire le point sur les encours de crédit des toutes petites entreprises (moins de 25.000 euros), après avoir constaté un trou noir statistique. Le gouvernement pourra aussi rappeler que les Comités départementaux d’examen des difficultés de financement des entreprises (Codefi) ou la médiation du crédit restent actifs.

Côté financement en capital, le Trésor discute aussi avec les assureurs pour réévaluer leurs engagements de financement des PME (à hauteur de 2 % de leur bilan). « Reprendre cet engagement à l’identique, c’est un logiciel perdant, cela n’a aucun sens. Le sujet, c’est le financement obligataire et la modernisation d’anciens dispositifs », estime-t-on chez les assureurs. La CGPME, qui participe aux discussions avec le Medef, n’est pas non plus arc-boutée à un taux. « Ce n’est pas un dogme, on préfère un engagement en montant », y indique-t-on.
 

VÉRONIQUE LE BILLON, Les Echos le 19/09/2011

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