Culture : FNAC, 60 ans de commerce culturel

18.10.2014, source : Les Echos.fr

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En 1954, deux anciens militants d’extrême gauche, André Essel et Max Théret, créaient la Fédération nationale d’achat (future FNAC), dans l’idée de rendre du pouvoir aux consommateurs face aux marques. Depuis, la FNAC a connu bien des transformations, dû affronter la révolution Internet et répondre à l’explosion du e-commerce. Retour sur 60 ans de hauts et de bas d’une entreprise culturelle pas comme les autres.
 

André Essel le répétera à plusieurs reprises une fois installé le succès de la FNAC : « A quinze ans, je ne savais pas quelle profession j’exercerai. J’avais une seule certitude : en aucun cas je ne serai commerçant, car je haïssais le commerce (...). Et je pensais, comme presque tous les Français, que le commerce est une forme déguisée du vol ! ». C’est pourtant cet homme qui, avec son associé Max Théret, va bousculer la distribution traditionnelle en France. Le 1er mars 1954, les deux anciens militants d’extrême gauche créent la Fédération nationale d’achat, ensuite rebaptisée Fédération nationale d’achat des cadres puis FNAC. L’idée est de rendre du pouvoir aux consommateurs face aux marques, en offrant à leurs adhérents des produits culturels moins chers grâce à l’obtention de remises chez des commerçants agréés. Ils commencent par commercialiser du matériel photo. Le lien est assuré avec les clients grâce à la revue « Contact », qui sert aussi de tribune contre les prix élevés.

Il faut attendre trois ans pour que le groupement inaugure, en 1957, son premier magasin, boulevard Sébastopol, dans le IVe arrondissement de Paris (75). Dans cette boutique, les vendeurs sont des spécialistes et ont pour but de conseiller le client ; les produits sont placés en accès direct. Un modèle inédit. Les fondateurs de la FNAC mettent également un point d’honneur à proposer aux consommateurs toutes les nouveautés.

La FNAC élargit aussi peu à peu son offre, avec notamment, à partir de 1961, la vente de disques ainsi que l’ouverture d’un rayon consacré au cinéma et un autre aux appareils ménagers (ils quitteront les points de vente en 1980). A l’automne 1961, la FNAC compte déjà 100.000 adhérents.

Les livres ne font leur apparition dans les rayons qu’en 1974, vingt ans après la création de l’enseigne. Ils sont vendus à prix cassés, 20 % en dessous du tarif conseillé. Ce qui ne manque pas de provoquer la colère des éditeurs et des libraires. En 1981, sous l’impulsion du ministre de la Culture, Jack Lang, la France adopte une loi sur le prix unique du livre, au grand dam de la FNAC qui juge cette mesure « contraire à la diffusion de la lecture ». Le distributeur gagnera en revanche un autre combat, même s’il lui faudra pour cela plusieurs années : en 1987, la TVA sur les disques est abaissée de 33,33 % à 18,6 %. En 1978, l’enseigne commence à commercialiser des produits informatiques.

Entre temps, la FNAC s’est aussi essayée au sport (avec, en 1966, l’ouverture d’un magasin dédié boulevard Sebastopol à Paris). La FNAC Sport sera revendue à Go Sport en 1987. Parmi les autres tentatives de diversification inégalement réussies ou pérennes, l’inauguration, en 1976, de FNAC Service, la filiale photo, qui baissera le rideau en 2006 ; la création de FNAC Voyages en 1981 ; le lancement, en 1990, d’une maison de disques, FNAC Music (revendue en 1993) ; l’ouverture, en 1991, d’une librairie internationale boulevard Saint-Germain à Paris (qui fermera ses portes un an plus tard) ; ou encore le rachat, en 1998, de Fnac Eveil et Jeux, revendue en 2010.

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