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Croissance des PME : vers une fin d'année en dents de scie

17.10.2011, source : Les Echos.fr

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Malgré une économie fragilisée, les PME gardent le cap et continuent de surfer sur les bons résultats du premier trimestre. La fin de l’année sera cependant décisive pour nombre de dirigeants.

Crise ! Le mot terrible, sorti des esprits après un début d’année marquée par un léger rebond de l’économie, a refait surface pendant l’été. Décrochage de la Bourse, plongeon des marchés financiers, faillite grecque, banques en alerte... ont ravivé les mauvais souvenirs de l’automne 2008. Et mis en berne le moral des chefs d’entreprise en cette rentrée ! D’après de nombreuses études publiées en septembre, le pessimisme est de retour.

Dans le baromètre santé des PME et TPE réalisé par le Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables et TNS Sofres, 67 % des dirigeants de TPE se déclarent inquiets sur la situation économique en France et 52 % craignent pour leur secteur d’activité.


Les PME plus sereines

Cette tendance est cependant moins marquée pour les PME puisque deux tiers d’entre elles (64 % ) sont optimistes pour l’avenir. « Il y a de l’incertitude sur le long terme, surtout pour les plus petites structures, mais globalement les chefs d’entreprise restent confiants et sereins. Plus de 38 % estiment que leur chiffre d’affaires augmentera dans les prochains mois. 70 % confirment même avoir des carnets de commandes stables et 68 % déclarent posséder une situation de trésorerie satisfaisante  », constate Jean-Bernard Cappelier, vice-président du Conseil supérieur de l’Ordre des experts-comptables.


Il y aurait donc un décalage entre la macro-économie et la micro-économie; entre la théorie des marchés et la réalité économique. « L’économie réelle, celle du terrain, se porte bien. De nombreux indicateurs le montrent, comme la hausse des besoins en financements. En juin, 63 % des patrons de PME ont déclaré en avoir au moins un, dont 39 % pour financer des investissements et 33 % pour leur exploitation  », déclare Jacky Lintignat, directeur général du cabinet KPMG, qui a sorti la dixième édition de son baromètre sur le financement et l’accès au crédit des PME. A entendre les experts, le scénario catastrophe n’est donc pas pour demain.


L’accès au crédit s’améliore

Du côté des patrons, le discours est tout aussi positif. Pas d’alarmisme inutile, ni de panique exagérée. « Je gère les soucis quotidiens à mon niveau, par rapport à mon métier. La crise grecque et l’affolement des marchés financiers ne m’impactent pas. C’est très loin pour moi, je ne me sens pas concerné. Si j’ai besoin d’investir, je regarde mes commandes et mon portefeuille clients. C’est la situation de mon marché qui dicte mes décisions, et certainement pas ce qui se passe au niveau mondial  », assène Jean-Marc Barki, fondateur de Sealock, une PME de 21 salariés spécialisée dans la fabrication de colle industrielle. Ce dirigeant, qui participera au prochain G20 Yes (« young entrepreneur summit  ») de Nice fin octobre, n’a d’ailleurs eu aucune difficulté à obtenir mi-septembre un crédit de 150.000 euros pour l’achat d’une machine.


Depuis quelques mois, l’accès au crédit semble, en effet, moins compliqué. Seul un dirigeant sur cinq ressent des difficultés ou des conditions de durcissement de la part des banques. Du coup, cette situation plus favorable limite l’autocensure et pousse les chefs d’entreprise à investir de nouveau.

Mais prudence, car comme le rappelait Agnès Bricard, présidente de l’Ordre des experts-comptables fin août dans nos colonnes : « Les banques sont au coeur de la tourmente des dettes souveraines. Elles doivent de plus s’adapter aux nouvelles règles prudentielles dites de Bâle III, ce qui les amènera à réduire encore leur exposition aux risques en 2013. De là à imaginer qu’elles puissent être tentées -ou obligées -de revoir à la baisse leurs prêts aux petites, il n’y a qu’un pas qui pourrait vite être franchi. » Le troisième trimestre sera décisif !


Valérie FROGER, Les Echos, 13/10/2011

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