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Croissance des PME : les défaillances d'entreprises restent orientées à la baisse

21.10.2011, source : Les Echos.fr

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Selon le bilan publié aujourd’hui par Altares, le nombre de redressements ou liquidations judiciaires a reculé de 3,5 % au troisième trimestre. Mais le rythme de repli ralentit nettement, maintenant les défaillances à un niveau encore très élevé en 2011.

A un moment où l’exposition des banques aux dettes souveraines fait ressurgir des craintes sur le financement des entreprises, la nouvelle est plutôt rassurante. Au cours du troisième trimestre, les défaillances d’entreprises ont continué à baisser. Selon le bilan rendu public aujourd’hui par Altares, les tribunaux ont prononcé 11.468 jugements de redressement ou de liquidation judiciaire au cours de l’été, soit 3,5 % de moins que l’an dernier à la même époque. « L’industrie, la construction, le transport continuent de s’améliorer trimestre après trimestre, plus rapidement que le commerce, les services aux entreprises ou aux particuliers, qui restent plus fragiles », constate la société spécialisée dans l’information sur les entreprises.


Le niveau reste élevé

L’amélioration se poursuit notamment pour les petites PME, dont dépend une grande partie de l’emploi : le nombre de faillites baisse de 4,8 % chez les entreprises comptant plus de 10 salariés (avec 862 cas). A l’image toutefois du réparateur d’appareils électroniques Anovo ou du spécialiste mosellan de la menuiserie industrielle en PVC Fermoba Vente (tous deux placés en redressement judiciaire durant l’été), la situation reste plus tendue pour quelques grosses entreprises. Les défaillances de PME de plus de 50 salariés progressent ainsi de 9 % sur un an, même si leur volume reste très limité (avec 85 cas, soit moins de 1 % des jugements prononcés). Mais, contrairement à 2009, « ces grosses PME ne tombent pas parce qu’elles font face à une chute brutale d’activité, explique Thierry Millon, responsable des études chez Altares. Ce sont généralement des entreprises qui souffraient depuis longtemps, qui manquaient de capitaux propres et qui ont mal maîtrisé leur croissance, par exemple, en n’étant pas assez vigilantes sur la santé financière de leurs clients ».


Entamé au second semestre 2009, le mouvement de reflux des faillites se poursuit donc. Mais - et c’est le point inquiétant - son rythme ralentit nettement. « Sur les neuf premiers mois, les défaillances diminuent deux fois moins vite qu’en 2010 », poursuit Altares : 43.210 jugements ont ainsi été prononcés depuis le 1 er janvier, limitant la baisse à - 1,6 %.

Conséquence de ce modeste repli, le nombre de faillites se maintient à un niveau élevé. Car il ne faut pas oublier que les défaillances s’étaient envolées en 2008-2009. Les petites baisses enregistrées trimestre après trimestre sont très loin de ramener le nombre de faillites à son niveau d’avant crise (voir graphique). Sans atteindre le record de 2009 (61.600 redressements ou liquidations), Altares estime que 2011 devrait s’achever peu ou prou comme 2010 (58.700 faillites avaient encore été enregistrées). Et ce, d’autant que les perspectives d’activité (l’Insee table sur une croissance nulle au quatrième trimestre) ne sont pas bonnes.


Frédéric SCHAEFFER, Les Echos, 18/10/2011

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