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Crédit immobilier : les taux passent pour la première fois sous les 3 % 

06.06.2013, source : Les Echos.fr

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A 2,97 %, les taux de crédit immobilier ont atteint un nouveau plancher historique.

Les taux des crédits immobiliers accordés aux particuliers n’en finissent pas de dégringoler depuis maintenant près de dix-huit mois. Ils ont ainsi atteint en mai un nouveau plus bas historique de 2,97 % en moyenne (hors assurance et coût des sûretés), selon une étude publiée hier par l’Observatoire Crédit Logement. Ce niveau correspond à une baisse de plus de 1 point par rapport aux 4 % en moyenne enregistrés en janvier 2012. Au total, la part de crédit accordée à un taux inférieur à 3,5 % atteint 87,3 %, contre 84,9 % en avril et 40,1 % sur l’ensemble de l’année 2012. De façon symétrique, la part de la production réalisée à un taux supérieur à 4 % est descendue à 1,6 %, contre 20,7 % l’an dernier. Dans ce contexte très concurrentiel, il est logique que la part des prêts à taux variables se maintienne à un niveau bas, de 5,1 % en mai, contre 7,4 % au dernier trimestre 2012.

Si le coût des crédits a continué de reculer en mai dans l’ancien (à 2,96 %, contre 3 % en avril) et dans le financement de travaux (à 3,01 % ), il a toutefois légèrement remonté dans l’immobilier neuf (à 3,04 %, contre 3 % en avril), précise l’Observatoire Crédit Logement. Appuyant ses statistiques sur l’analyse de plus de 16.000 opérations par mois, ce dernier attribue la nouvelle baisse globale des taux de crédit immobilier au « maintien du coût des ressources » et au « très bas niveau » de sinistralité des emprunteurs. La « volonté des établissements de crédit de soutenir l’activité de marchés en forte contraction » est aussi pour une partie de l’équation. Depuis le début de l’année, la production de crédit s’est en effet ressaisie, avec une croissance de 16,8 % en rythme trimestriel glissant, c’est-à-dire entre les trois derniers mois et les trois précédents. Mais la comparaison se fait sur une base 2012 faible et la production s’affiche toujours en recul de 7,5 % en rythme annuel.

La baisse des taux permet aux ménages de renforcer leur solvabilité. Et la progression de l’apport personnel, qui avait fortement ralenti en 2012 (+ 4,1 % ), cède maintenant la place à un recul de 7,8 % sur un an, depuis le début de l’année. « Le niveau d’intérêt incite à l’économie d’apport personnel », souligne l’Observatoire.

Ancien et neuf : deux tendances contradictoires

Conséquence notamment de cette meilleure solvabilité, la durée moyenne pour devenir propriétaire de son logement, s’il est ancien, est désormais de 17,7 ans contre 17,9 ans en avril. En revanche, sur le marché du neuf qui cherche à repartir, la durée d’accession à la propriété augmente pour atteindre 222 mois contre 217 en avril.

Ces tendances ne devraient pas s’inverser rapidement. Trois raisons laissent penser que les taux resteront au plancher. Dans un environnement de taux très bas d’abord, les conditions de refinancement des banques leur permettent de reconstituer leurs marges tout en proposant des prêts bon marché. La deuxième raison est liée au statut de produit d’appel du crédit immobilier, qui permet d’attirer de nouveaux clients. Alors que les banques tentent de drainer plus de dépôts pour se conformer aux nouvelles exigences prudentielles, elles ne veulent pas se priver de ce levier. Enfin, augmenter les taux de crédit serait un signal très négatif pour les ménages, dont le pouvoir d’achat est déjà en berne.

Ninon RENAUD, Les Echos, 04/06/2013

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