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Crédit : Bercy demande aux banques un plan d'action jusqu'à la fin de l'année

16.09.2009, source : Les Echos.fr

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Crédit : Bercy demande aux banques un plan d'action jusqu'à la fin de l'année

Christine Lagarde continue de mettre la pression sur les banques. Elle a envoyé une lettre à leurs dirigeants pour leur demander leur « plan d'action » en matière de financement de l'économie. La réponse est attendue cette semaine.
Bercy continue de mettre la pression sur les banques pour qu'elles distribuent du crédit. Christine Lagarde a envoyé une courte lettre aux dirigeants des six grandes banques françaises qui ont bénéficié du plan de soutien public - BNP Paribas , Société Générale , Crédit Agricole, Crédit Mutuel , Banque Populaire et Caisse d'Epargne (devenues BPCE) - pour leur demander leur « plan d'action » en matière de financement de l'économie. En clair, comment elles entendent relancer leur politique de crédit aux ménages et aux PME pour atteindre les objectifs de progression des encours qui leur avaient été assignés pour 2009. « On leur demande de nous démontrer qu'elles sont capables d'ouvrir en grand les vannes du crédit, notamment pour les crédits de trésorerie aux PME. L'économie montre quelques signes de reprise, c'est maintenant que cela se joue » , résume-t-on à Bercy.

Les banques françaises devraient rendre leur copie cette semaine. « Nous montrons comment nous nous mettons en ordre de marche, le nombre de dossiers que l'on traite, la manière dont nous avons changé nos barèmes pour assouplir les conditions de crédit, ce que l'on met en place avec Oséo … », indique le directeur financier d'une grande banque française. Plusieurs campagnes publicitaires ont également été lancées. En octobre, en échange du soutien financier de l'Etat au secteur, les banques s'étaient engagées à augmenter de 3 % à 4 % le volume des crédits accordés aux ménages et aux entreprises. Les encours de crédit ont progressé de 3,5 % en France entre juin 2008 et juin 2009, à 1.727 milliards d'euros. Mais en août, la progression était déjà revenue à 2,5 %, et les objectifs seront clairement difficiles à tenir. Seules deux banques sur six sont actuellement « dans les clous ».

« On essaye de les atteindre, mais ce n'est pas évident,a déclaré la semaine passée Ariane Obolensky, directrice générale de la Fédération bancaire française. On fait tout ce qu'on peut, on est “ proactif ” […] mais on ne peut pas forcer les gens à prendre des crédits.»

Négociations au cas par cas


Quelques marchés montrent des signes de frémissement. Le marché du crédit immobilier, dont la production reculait de 30 % à 35 % au premier semestre, repart doucement. La baisse des prix de l'immobilier et le retour des taux vers 4 % a « resolvabilisé » les ménages, tandis que les dispositifs Scellier et prêt à taux zéro sont en soutien.

Du côté des entreprises, en revanche, la baisse des stocks a réduit les besoins de crédits de trésorerie, qui sont en baisse sensible. « L'obligation de réduire les délais de paiement pèse mécaniquement », souligne par ailleurs un banquier. Les encours de crédit-investissement décélèrent également. Que se passera-t-il si les engagements ne sont pas respectés ? Les pouvoirs publics ont la possibilité de renchérir le coût de la garantie accordée aux banques françaises. Mais il est peu probable qu'ils en arrivent à cette extrémité : ils prendraient alors le risque de fragiliser un système bancaire encore convalescent. « Ce sera “ comply or explain ” », explique-t-on à Bercy.

Les engagements avaient été négociés au cas par cas, le bilan se fera au cas par cas. « Celui qui a fait 0 progression des encours aura plus de mal à se justifier que celui qui a fait à 3 %, », affirme le directeur financier. Les appréciations du médiateur du crédit pèseront aussi dans la balance.

Guillaume Maujean, Les Echos, le 14/09/09

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