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Crèches : La Part de Rêve arrête son développement en franchise

13.10.2013, source : Les Echos.fr

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La société toulousaine La Part de Rêve gère 550 berceaux et veut en créer 330, mais elle n'a plus de projets de franchises. Le modèle est inadapté à une activité dont le retour sur investissement est long.

Après un bilan de compétences, l'ingénieur en aéronautique Rémi Demersseman-Pradel s'est reconverti en créant son entreprise de crèches interentreprises, La Part de Rêve, en 2005. Ce père de quatre enfants a déménagé de la région parisienne à Plaisance-du-Touch, près de Toulouse, et dirigé bénévolement la jeune société pendant cinq ans, jusqu'à ce qu'il puisse en tirer un salaire en octobre 2010. Epaulée dans sa croissance par les fonds Amundi et Galia Gestion qui ont apporté 2,5 millions d'euros en 2011, La Part de Rêve compte aujourd'hui 32 crèches dont 22 en propre, 5 en délégation de service public (DSP) pour des mairies et des conseils généraux et 5 en franchise aux mains de trois franchisés. L'entreprise gère 550 places de crèche dans neuf régions et prévoit d'en créer 330 en deux ans.

Mais les ouvertures ne se feront pas en franchise. « Nous suspendons notre développement en franchise car ce n'est pas un modèle adapté à notre secteur, affirme le directeur commercial, Vincent Guillocher. La franchise est faite pour le développement commercial rapide, alors qu'il faut trois ans pour ouvrir une crèche, le temps d'obtenir les autorisations - CAF, PMI, ville - et les locaux. » Les candidats doivent investir une somme importante, de l'ordre de 400.000 euros pour 30 places de crèche, pour un retour sur investissement au bout de cinq à huit ans le plus souvent. Résultat, ils ne veulent pas payer une redevance à un réseau alors qu'ils ont mis trois ans à monter leur activité.

Plus de 200 salariés

La demande de crèches est toutefois importante. La Part de Rêve a 300 entreprises clientes de toutes tailles, des grandes comme Airbus, La Poste, la RATP, Nexter, EDF, Henkel, le Crédit Agricole, etc., des organismes publics comme le CNRS, mais aussi des PME et des TPE, « car c'est une solution pour garder une salariée ou faciliter son retour au travail », poursuit le dirigeant.

Aujourd'hui, La Part de Rêve emploie plus de 200 salariés et va réaliser un chiffre d'affaires consolidé de 8,3 millions d'euros, contre 6,7 millions en 2012. « Nous avons atteint la taille critique en 2012 et nous en percevrons les premiers résultats cette année », se félicite Rémi Demersseman-Pradel. L'entreprise a connu une croissance élevée mais moins rapide que ce qu'elle avait annoncé lors de sa levée de fonds. « Une crèche doit être bien gérée pour contenir les charges et avoir un taux d'occupation élevé, explique Vincent Guillocher. La CAF impose 75 % d'occupation et il faut faire mieux pour dégager des bénéfices. »

Laurent MARCAILLOU, Les Echos, 11/10/2013

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