Les secteurs

Création entreprise : les PME de 5 à 10 salariés les plus touchées

24.08.2009, Information communiquée par l'enseigne

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Les destructions d'emplois en France l'an dernier ont été plus importantes que ne le laissaient penser les estimations trimestrielles de Pôle emploi. Selon son enquête annuelle publiée vendredi, l'emploi salarié a reculé de 0,6 % en 2008 en France, soit le double de l'estimation provisoire publiée au printemps. Les entreprises de moins de 10 salariés, dont le comportement est extrapolé dans les statistiques trimestrielles, ont donc réduit plus fortement leurs effectifs que prévu.

Le nombre de salariés dans les secteurs d'activité concurrentiels a été ramené à 16.532.400 au 31 décembre 2008 contre 16.625.200 un an avant. Après quatre années de progression avec, en 2007, la création de 336.100 postes (légèrement révisé à la baisse), l'économie française a détruit 92.700 emplois salariés affiliés à l'assurance-chômage en 2008. « Cette diminution est plus proche de celle enregistrée au début des années 1990 que de celle de 2003 », note Pôle emploi qui souligne que « la France n'avait pas détruit autant d'emplois depuis 1991, où les pertes s'établissaient à 87.300 postes contre 41.300 en 2003 ».


Hémorragie

L'étude de Pôle emploi confirme cependant le dynamisme des créations d'entreprises et des PME : la hausse du nombre d'établissements affiliés à l'assurance-chômage résulte de la progression des employeurs de moins de 100 salariés. Ceux de 100 salariés et plus sont en baisse de 2,2 % (4 % même entre 200 et 500 salariés). En outre, seules les entreprises de 10 à 99 salariés sont restées créatrices nettes d'emplois l'an dernier. Celles entre 5 et 10 salariés et celles de 100 salariés et plus ont subi la crise de plein fouet.

L'industrie a encore largement contribué à l'hémorragie, avec 70.000 emplois détruits (- 2,1 % sur un an contre - 2,2 % dans l'estimation provisoire). Mais elle a été moins touchée qu'en 2007, où 81.000 postes avaient été supprimés. Le ralentissement du dynamisme de la construction a été plus sévère selon les estimations provisoires, avec seulement 6.000 emplois créés (+ 0,4 % contre + 1,5 % estimé). Les pertes subies par le tertiaire, intérim compris, pour la première fois depuis 1981 ont été deux fois plus importantes qu'estimé au printemps (- 28.600 postes, soit - 0,2 % ). Un chiffre à relativiser : à lui seul, l'intérim a détruit 154.700 postes (- 21,5 % ) ; si l'on réaffectait l'emploi temporaire aux secteurs où il s'est exercé, les services redeviendraient largement contributeurs. A contrario, la construction deviendrait négative et l'industrie serait très affectée.

Quatre régions ont été particulièrement touchées : Franche-Comté (- 3,2 % ), Limousin (- 2,4 % ), Champagne-Ardenne (- 2,3 % ) et Picardie (- 2 % ). A l'opposé, 6 régions sont restées positives en 2008 : la Corse (+ 1,9 % ), Midi-Pyrénées, Aquitaine et Ile-de-France (+ 0,3 % chacune), Paca et Languedoc-Roussillon (+ 0,2 % ).

L. DE C., Les Echos

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